15.02.2006

End of Blog - Hygiène de vie

 
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La mort est nécessaire pour que la vie continue. C'est juste comme ça et c'est bien. A moi à présent de continuer ailleurs. Ce blog m'a fait très plaisir, j'y ai beaucoup appris, j'y ai rencontré des gens d'horizons divers, et cela m'a enrichi. J'ai identifié un certain nombre de limites. En même temps j'ai une autre vie à continuer, la vraie, et celle-là souffre de ce blog, et de manière générale de ma tendence à faire un peu de tout et rien vraiment. Alors je m'applique et je fais bien ce que je fais, quitte à en faire moins. L'effort juste, la concentration juste. Et puis, les contacts virtuels c'est pas mon truc, j'aime bien voir les yeux en face, savoir à qui je parle, pourquoi, et agir en conséquence. Envi de rencontrer tout le monde en vrai (enfin disons plutôt en chair... ).

Oui, je sais, le monde à besoin de moi - autant que j'ai encore besoin du monde. Ailleurs. J'espère.

Blogeurs, blogeuses je vous AIME !! Je pense à vous et je garderai un oeil ouvert ;)
nb: nous croyons que le monde est tel que nous le percevons, c'est ce que nous croyons. Si nos destins sont faits pour se croiser, nous nous rencontrerons, dans cette vie ou dans une prochaine.
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09.02.2006

Taxis et rires jaunes

La règlementation des couleurs des taxis relève-t-elle de la compétence de l'Etat ? La ville de Genève voulant forcer les taxis à faire repeindre leur outil de travail ET de loisirs fait plutôt penser aux années 50. A Moscou bien évidemment, pas à New York. Il est difficile d'imaginer une politique plus stupide. Un candidat pour la mesure la plus bureaucratique de l'année? Y a-t-il paradoxe du bien public, les taxis ont-ils peut-être intérêt à repeindre leurs taxis en jaune, mais personne ne veut y procéder seul? Non, rien de tel. D'ailleurs les taxis sont absolument contre. Une mesure de plus qui devrait faire rire si elle n'était pas aussi grotesque.

08.02.2006

Fierté Suisse

Parce que ce pays respecte ces citoyens ainsi que leurs droits, et que les droits des individus qui y vivent sont protégés. Parce que la démocratie y est une réalité vécue au quotidien, que ce pays n'a pas de passé colonial, qu'il ne participe pas aux guerres des autres mais reste toujours prêt à se défendre par tous les moyens nécessaires. Parce que ce pays sait être à l'écoute et s'adapter aux exigences d'un monde en constante évolution, sans y perdre son âme.

Si quelques personnages grotesques et dépassés, des dinosaures d'un autre âge dont le mouvement n'est qu'une chute, brûlent le drapeau suisse, ceci me conforte dans mes convictions. Les couleurs sont les mêmes que celles du Danemark, et ce n'est pas un hasard. Le temps travaille en faveur de ceux qui défendent leurs convictions sincères.

En même temps j'ai honte d'être parmi ces européens hypocrites, qui sous le couvert de multiculturalisme et de liberté d'expression s'amusent à offenser leurs propres minorités - tristes réminiscences d'un passé trop colonialiste - au lieu de profiter de leur liberté pour dire ce qui est essentiel. Entre islamisme et Suisse il faut choisir, impossible d'être les deux, entre la lettre de la charia et la Constitution, il n'y a pas de terrain d'entente possible. Mais il n'y a pas de contradiction à être à la fois musulman, soucieux de son intégrité morale, et suisse. La Suisse, étant l'aggrégation de visions diverses, pluralisme qui consacre sa force morale, économique et politique. J'espère toutefois que la main tendue ne fait pas oublier la tradition des irréductibles et ardents défenseurs des droits humains que nous sommes.

06.02.2006

Tolérance occidentale ou religion athée ?

Haaretz, quotidien israélien, du 6.2.2006

« The torching of embassies, the commercial boycotts, the kidnappings, the beatings and certainly the calls for murdering the desecrators of Islam must be condemned.

Nevertheless, it is impossible not to understand the feelings of insult among Muslims worldwide, including in the territories and in Israel. The West's preaching of the value of multiculturalism cannot be taken seriously if it does not include both religious and secular people, members of different communities, religious minorities and Muslims and Christians alike. No society can remain apathetic to offensive publications that insult values held sacred by certain groups within it. »

01.02.2006

Feuilleton: Islam vs. Occident (énième saison) - Les caricatures de Mahomet

Résumons l'Histoire. La civilisation (romaine) a succombé d'abord à sa propre corruption interne, puis au christianisme, puis aux barbares, notamment germaniques et arabes (avec un peu de décalage certes). Le monde musulman a su maintenir un certain art de vivre, contrairement aux princes guerroyants en Europe qui ont, entre autre, éliminé le rayonnant pays de Granade en Andalousie. Après des siècles d'oppression par l'institution catholique, l'occident à finalement réussi à se débarrasser du joug intellectuel de la papauté, de l'esprit meurtrier des croisés et de l'hypocrisie extrême de notre Moyen-Âge. Une religion fraternelle qui prône la liberté de l'esprit face aux choix imposés par la nature peut-elle enfin émerger? Comme le laissait entrevoir Lessing? Non, nous revoilà entre deux fronts: les athées qui pensent que les musulmans sont des psychopathes et les musulmans qui pensent que les athées sont des psychopathes. Oui je généralise, mais en observant le débat qui fait rage au sujet des caricatures de Mahomet publiées par le journal danois Jyllands-Posten, je n'ai même pas besoin d'exagérer (ce que j'aime faire d'habitude, quitte à motiver la reflexion). Pour des avis divers cf. p.ex. ici.

 


 

 

Ce qui est en train d'arriver est proprement déroutant et degoûtant. Que cela soit bien clair, je pense que le mal se trouve des deux côtés. De celui de la provocation gratuite à travers les caricatures, et de celui de la réaction d'un nombre élevé de musulmans, y compris les gouvernements saudien et syrien. Les musulmans ont raison de se plaindre de l'abus de la liberté d'expression qui viole leurs valeurs profondes. En occident, nous ne savons plus où se trouve la limite entre la contestation, la critique d'une part et la provocation et l'insulte d'autre part. Simplement en occident, nous avons tellement l'habitude de ce genre de provocation, quasi quotidienne, que nous ne réagissons pas, même si nous ne partageons pas la démarche. Mais il y a des gens qui peuvent être blessés par des insultes, c'est dommage, mais c'est comme ça, et ces gens ont droit au respect. D'ailleurs même chez nous il y a des sujets sur lesquels on ne rigole pas, la shoah par exemple, et pour cause. Alors la démarche normale serait de poursuivre le journal danois pour diffamation, car je suis persuadé que la liberté d'expression a entrâvée la liberte de culte dans ce cas. Et toute liberté légitime connaît des limites, nécessairement. Or, certains Etats musulmans réagissent de manière tellement virulente qui nous paraît à nous totalement inappropriée, d'une manière très violente. Pourquoi ? Le Danemark lance-t-il des bombes sur quelqu'un ? L'argent de l'Union Européenne est-il tellement sale qu'on l'assimile a une arme ? D'un point de vue de celui qui veut la guerre, certainement.

Il ne faut pas oublier que toute la civilisation musulmane se trouve sur la défensive aujourd'hui. Attaquée par la raison occidentale ainsi que par son "arrogance" (qui accompagne toujours le pouvoir) et parfois* même ses bombes. Chaque action de l'occident envers des musulmans est amplifiée par des esprits hyper-sensibilisés, pour ne pas dire paranoïaques (qui va toujours de pair avec l'impuissance). Ce qui ne justifie évidemment pas l'apologie des excès de la part de groupes armés palestiniens ou afghans qui attaquent Israël et qui ont attaqué le sol des Etats-Unis sans provocation. Mais, cela justifie une certaine retenue envers les musulmans, et de donner le bon exemple: nous ne sommes pas ce qu'ont été les croisés, et nous ne sommes pas tous des acteurs déjantés sur MTV.

Y'a-t-il un compromis possible ? Une entente ? Peut-on faire plus qu'apaiser temporairement, et obtenir une paix dans le respect mutuel ?

* parfois toutefois les bombes semblent justifiées, p.ex. en Afghanistan pour se défendre contre al Qaïda et ses alliés qui nous ont attaqués.

31.01.2006

E = m + c :p

(english below)

Tiens, cela tombe bien, je lis que les filles sont de plus en plus nombreuses dans les gymnases (lycées) en Suisse. Ce qui paraît être à première vue une bonne nouvelle exprime une réalité plus sobre (qui nous ramènent aux craintes exprimées dans la note précédente). C'est plutôt la dégradation de la qualité de l'enseignement qui est en cause. Les branches "générales" qui offrent tout sauf une formation digne de ce nom attirent des paumé(e)s qui ne savent pas quelle autre filière suivre. Les garçons se ruent sur les "maturités professionnelles". Pendant ce temps, la dévalorisation des branches scientifiques fait fuir les élèves. Loin d'y remplacer les garçons, les filles les boudent autant. En attendant, l'économie manque cruellement de gens qualifiés, les sites de production désertent la Suisse, et nous assistons à une bureaucratisation de notre économie. Ce qui est drôle, c'est que cette bureaucratisation ne touche pas seulement le secteur public, mais également, et surtout, le privé (matière pour note future). Matière pour conflit social préprogrammé.

I just read in the newspaper that female attendance of the secondary level schools is continuously increasing in Switzerland. What sounds like good news hides a more sober reality (and brings us back to the preoccupations expressed in the preceding note): the continuing degradation of the quality of secondary education. Those classes that offer "comprehensive" education and therefore nothing like an adequate preparation for a future professional life attract scores of undecided pupils. Boys tend to follow "professional" high schools with a focus on applied works. At the same time higher level scientific and technical education is deserted by everybody. Far from replacing boys who are looking out for opportunities elsewhere, girls do not attend these classes either. Meanwhile the economy is cruelly lacking of qualified people. Production sites are deserting Switzerland, and the economy becomes more and more a bureaucracy. What's funny is that this bureaucratisation affects, in my view, not only the government sector but also the private sector (stuff for a future post). Stuff for social conflict.

26.01.2006

Liberté mal comprise

(english below) 

Cela arrive, je crois, lorsqu'une cité gouvernée de façon démocratique, et assoiffée de liberté, tombe sur des chefs qui savent mal lui servir à boire, lorsqu'elle s'enivre de liberté pure au-delà de ce qui conviendrait, et va jusqu'à châtier ses dirigeants s'ils ne sont pas tout à fait complaisants avec elle, et ne lui procurent pas la liberté en abondance : elle les accuse d'être des misérables, à l'esprit oligarchique. [...]les dirigeants qui sont semblables à des dirigés, et les dirigés semblables à des dirigeants, elle en fait l'éloge et les honore aussi bien en privé que publiquement.

N'est-il pas inévitable que dans une telle e cité l'esprit de liberté aille jusqu'à atteindre tout domaine ? [...] le père s'habitue à devenir semblable à l'enfant, et à craindre ses fils, et le fils à devenir semblable au père, et à n'éprouver ni honte ni peur devant ses parents, puisque, bien sûr, il cherche à être libre. Et que le métèque s'égale à l'homme du pays, et l'homme du pays au métèque, et pareillement pour l'étranger. [...] le maître, dans un tel climat, craint ceux qui fréquentent son école, et les cajole, et ces derniers font peu de cas des maîtres ; et il en va de même pour les précepteurs.
[...]
Et en réalité exagérer dans un sens a tendance à provoquer un grand changement en "sens inverse, dans les saisons, dans les plantes et dans les corps, et plus encore dans les régimes politiques. [...] Il est par conséquent normal [...] que ce ne soit pas à partir d'un autre régime que de la démocratie que la tyrannie s'instaure : à partir de ce qui est, je crois, la liberté extrême, l'esclavage le plus entier et le plus sauvage.


Platon (La République, VIII, 562ss.)


Why, when a democratic city thirsty for liberty gets bad cupbearers for its leaders and is intoxicated by drinking too deep of that unmixed wine [of liberty], and then, if its so-called governors are not extremely mild and gentle with it [the city] and do not dispense the liberty unstintedly, it chastises them and accuses them of being accursed oligarchs. [...] it commends and honors in public and private rulers who resemble subjects and subjects who are like rulers.

Is it not inevitable that in such a state the spirit of liberty should go to all lengths ? [...] the father habitually tries to resemble the child and is afraid of his sons, and the son likens himself to the father and feels no awe or fear of his parents, [...] And the resident alien feels himself equal to the citizen and the citizen to him, and the foreigner likewise. [...] The teacher in such case fears and fawns upon the pupils, and the pupils pay no heed to the teacher or to their overseers either.
[...]
And in truth, any excess is wont to bring about a corresponding reaction to the opposite in the seasons, in plants, in animal bodies, and most especially in political societies. [...] Probably, then, tyranny develops out of no other constitution than democracy--from the height of liberty, I take it, the fiercest extreme of servitude.


Plato (The Republic, VIII, 562ff.)


19.01.2006

Finanzpolitik - sic transit gloria

Die politisch korrekten Kreise in der Schweiz reden immer nur vom Sparen. Dabei wird reichlich wenig gespart, wenn man die Ausgabenentwicklung der letzten 5, 10 oder 20 Jahre anschaut. Richtig, also wenn die als unverantwortlich taxierten Kreise von SVP und Rechtsflügel der FDP etwas mehr Resultate wollen? Leider nicht, denn die wahren finanzpolitischen Baustellen sind die AHV, die IV und vor allem der Gesundheitssektor. Beim Bund bis 2008 noch einige Milliarden zu pressen anstatt den wahren Herausforderungen in die Augen zu schauen ist durchaus unverantwortlich. Schwieriger ist es natürlich, Lösungen auf wirkliche Probleme zu finden. Dafür braucht es unpopuläre Massnahmen. Eine AHV-Reform, eine IV-Reform, Massnahmen im Gesundheitsbereich die irgendwem weh tun. Leider haben die staatstragenden Parteien CVP und FDP (inkl. Liberale) das Messer an der Gurgel, was Popularität angeht, sehr zur Freude von SP und SVP, die mit Schlagworten operieren und deren politische Programme am besten durch PR-Berater erklärt werden können.

16.01.2006

TSR bis

(english below)

Bon, j'arrête de me plaindre du TJ de la TSR, juste celle-là encore: la "gauche" serait en progression en Amérique latine, par opposition aux forces "neo-libérales" (selon 1930 du 16.1.). Exemple donné: l'opposition des gouvernements brésilien, vénézuélien, bientôt chilien ?, et d'autres avec la politique des Etats-Unis, incorporée par George W. Bush. Ignorance ou manipulation ? George W. Bush est sans doute un des plus grands adversaires des libéraux dans le monde - neo ou pas. Loin d'être "pro-business", l'administration actuelle des E.U. maintient les subventions agricoles, augmentet la nocivité de l'Etat à coups de déficits publics non-financées par d'autres épargnes ailleurs. Un régime proprement guerrier qui va bien au-delà de la lutte contre le terrorisme. Menaçant les droits humains, démocratiques sur lesquels est basée la force de l'Occident. Alors à qui s'opposent ces nouveaux dirigeants latino-américains ?


The "left" said my favourite TV station is in progression in Latin America, a left which is opposed to the "neo-liberal" forces. They mention George W. Bush's US administration as an example of these "liberal" forces which are being opposed by brazilian, venezuelian, soon chilian, bolivian administrations, among others. Is this ignorance or manipulation ?
W. is probably one of the greatest adversaries of liberalism in the world - be it left wing or right wing liberalism. Far from being pro-business, the current US administration is subsidizing its agriculture, makes Government bigger and less efficient by way of huge budget deficits (which are not financed by savings elsewhere). A regime which wages wars way beyond the "war" against terrorism. A regime which seems to show only disregard for human and democratic rights (at the heart of the success of Western civilization).
Who then are these new Latin-american regimes opposing ?


12.01.2006

Coup de gueule contre la TSR

 

 

Le pire c'est qu'en fait, j'aime bien la TSR, donc je m'énerve. On y trouve cette ambiance poussiereuse un peu moins racolleuse que sur les grandes chaînes françaises. Du moins, c'est ce que je pensais avant d'être exposé à la mémorable performance de Monsieur Darius Rochebin. La fermeture de l'usine de Steg n'aurait peut-être pas eu lieu dans le cadre d'un marché de l'électricité en état de concurrence. Peut-être. L'économie d'Etat n'a rien fait pour empêcher cela. Mais peut-être que c'était de toute façon inévitable étant donné la désindustrialisation. Qui sait, le reportage n'en a que faire et nous ne l'apprend pas, et puis cela n'intéresse personne. Et M. Rochebin ne trouve rien de mieux que de demander si le fait de ne pas rechercher davantage le dialogue avec un gouvernement démocratiquement élu n'était pas arrogant. Certains se croient tout permis, décidément. Arrogant... De quoi interdire les interviews pendant une heure (ne soyons pas cruels). Comme si la fermeture d'un commerce était une affaire d'Etat, l'Etat n'aurait qu'à subventionner toutes les entreprises qui détruisent plus de valeur qu'elles n'en créent, quitte à augmenter les impôts, que ces mêmes sociétés, en nombre croissant, se feraient un plaisir de payer, quitte à s'endetter, la banque nationale n'aurait qu'a baisser les taux davantage. Hyperinflation? Pourquoi embêter les téléspectateurs avec des concepts que les journalistes ne comprennent pas eux-mêmes? Soyons morons et veillons à ce que les citoyens le demeurent aussi.

(no relevance for non-swiss-french people...)

10.01.2006

Chaos ad portam

(english below)

La France, doux pays aux laits finement coagulés, est à l'Amérique (aux belles routes) ce que fut la glorieuse Grèce à la cité latine capitoline. Épouses charmantes, consciences repères, contenantes du chalice, contrées plus rêvées que vécues. Toutes deux effleurant les ivresses de l'orient. Dans le présent, l'ère du divorce ne parvient pas entièrement à effacer l'union amoureuse. Mais la fin des rêves, l'illusion de l'indépendance, le retour de la sauvagerie n'amenera aucune liberté, juste la fin d'une époque.

 

France, the cheesy country, is to America what Greece was to Rome. Charming spouses, enlightening awareness, holders of the grail, countries of dream rather than reality. Both bedazzled by oriental scents. Today, the age of divorce does not entirely erase a marriage of love. But the end of dreaming, illusion of mutual independence, the return to bruteness will not lead to freedom, just to the end of an era.

03.01.2006

Religion et fascisme

(english below)

Les religions telles que nous les connaissons remplissent trois fonctions. La première est culturelle, les religions permettent d'établir un lien social identitaire. Deuxièmement, elles constituent un formidable outil pour exercer un pouvoir politique. Troisièmement, elles véhiculent des valeurs spirituelles. La dernière fonction est assez mal remplie par les religions monothéistes, mais il semble y avoir des exceptions. La deuxième fonction, politique, force toute organisation politique à éliminer la religion du domaine public, pour éviter que la religion soit corrompue par des agendas politiques et pour éviter que le clergé fasse les lois au détriment des citoyens (exemple type: l'Iran). La première fonction, culturelle et identitaire, est ce qui fait que toute religion est essentiellement sectaire et par là, xénophobe, et donc encourage un règlement toujours violent des conflits (ce qui d'ailleurs ne les résout jamais). Penchons-nous là-dessus:

La religion définit des dogmes et des sources "acceptables" sur lesquelles il est possible de fonder une opinion ou un jugement. Par définition, elle élimine toute autre référence. Ce qui ne correspond pas au mode de pensée de la religion est relegué dans le domaine du "mal". Le diable ou Satan incorpore alors tout ce qui est refoulé, et qu'on n'ose pas affronter - l'"Autre" dans un sens large. Les pulsions dangereuses sont également assimilées à un être extérieur, le diable qui devient alors menaçant. De cette manière on coupe le monde en deux: le bien et le mal. Le soi et l'autre. Ce qui ne correspond pas au soi est combattu. Hélas, cette manière d'agir est hautement contre-productive. En refoulant les problèmes et en refusant d'affronter ses démons, ces derniers ne cessent de se renforcer. Le FN par exemple. Tout bon général sait à quel point il est important de "connaître" son "ennemi". Ceux qui le méprisent, le haient ou le fuyent ont perdu d'avance.

L'autre est là, je l'accepte donc, il fait partie de mon monde tel qu'il est, extérieur et intérieur. A partir de cette acceptation je peux commencer à espérer pouvoir regler mes problèmes ainsi que pouvoir aider mes amis: en refusant la paranoïaque scission morale du monde en un bien et un mal absolus.

Religion and fascism
The common religions fulfill three functions. First, religion creates a social bond among a given group of people which will make them feel to be a part of something. Second, religions are a formidable tool in the hands of those who want to wield power. Third, religions vehiculate spiritual values. The last function is badly handled by monotheistic religions, although there seem to be exceptions. The second function is the reason why any political organisation must create a public sphère free of religious influence, so that both religion does not become corrupted by a political agenda and politics can serve the interests of citizens (the best negative example that comes to mind is Iran). The first, cultural, function, however is what turns virtually every religion into a sectarian group which xenophobic and potentially racist by nature and thus always encourages a violent handling of conflicts (which will not be resolved that way). Let's have a closer look to that:

Religion defines a set of dogmatic assertions and "acceptable" sources on which it is permitted to formulate a judgement or an opinion. By definition, every alternative references are being discredited. Whatever does not correspond to the religion's way of thinking becomes "evil". The devil or Satan then become the incarnation of all that is considered to be "unsuitable" in a correct way of thinking or behaving. Dangerous pulsions too become the work of an external "devil", who becomes a consant menace this way. The world is cut in two halves: good and evil. The self and the other. Whatever belongs to "evil" is considered as an enemy that has to be beaten. This way of acting rarely yields results, however. To refuse to confront one's demons and these will become ever stronger. Extremist, non-reflected opinions for example. But every good general knows how important it is to "know" the "enemy". Those who despise, hate or avoid him have already lost the battle.

Adversity is here, it is a part of my interior and external world, and as such I accept it. From that starting point only can I start to hope to be able to find solutions to my problems, and help my friends: by refusing a paranoïc moral scission of the universe into absolute notions of good and evil


29.12.2005

La fin du mariage ? Décadence ou innovation ?

(english below)

Un mariage c'est une union pour la vie. Sinon à quoi bon se marier? C'est d'ailleurs en cela que consiste la promesse. L'espérance de vie des mariages quant à elle tend à diminuer, les divorces progressant sans entrâve depuis des décennies. Mais alors, bientôt il n'y aura plus que les gays et les prêtres à vouloir se marier.

Faut-il penser à d'autres formes de vie en commun? Le clan avec unions plus ou moins éphémères ? Mariages multiples avec plusieurs personnes en même temps, mais différentes pour chaque partenaire; cela créerait des réseaux intéressants? Ou chacun pour soi et chez soi, ne sortant que pour acheter/vendre du matériel génétique? Ou bien comme dans le bon vieux temps: le père reste (grosso modo) inconnu, et l'enfant grandit avec oncles et tantes. Voire, l'entremêlement de toutes ces variantes.



PS: bravo les filles, allez-y (mais allez-y jusqu'au bout !)!

A wedding is for life, or if not what's it all about? That's what the promise is about. But the average life span of marriage is swiftly decreasing for decades as the part of divorces rises. Soon there'll be only gays and catholic priests who will want to get wedded!

Has time come to think about new forms of building households? Such as clans with more or less ephemereal unions? Multiple weddings with different partners for each, creating intresting networks? Or everybody staying at home to go out only to buy or sell some new genetic material? Or just as in the good old days: the father remains (kind of) unknown, while the children grow up with uncles and aunts? And all of these communities happily coexisting. (Picture: go ahead ladies, walk that way (but walk it all along!)!)

27.12.2005

Shabaka

Une pierre noire memphite, ancienne, matrice de tous les rêves partagés. Point d'interrogation. Lumière éblouissante. Que voyons-nous ?

A memphite black stone, matrix of the shared dreams. A question mark. Blinding light. What do we see ?

23.12.2005

Un sapin de noël dans une mosquée ?

Imaginez l'image! Pourtant le sapin de noël est à peu près aussi peu "chrétien" qu'il n'est "musulman", c'est à dire pas du tout. Pourtant on en trouve même dans des églises. Voici alors au moins une religion qui est capable d'un certain degré de pragmatisme, ce qui la rend un peu plus sympathique à mes yeux. Pour ceux qui veulent éliminer toute connotation religieuse, je suggèrerai le père-noël. ;)

Merry christmas, joyeux solstice et happy hanukkah!

[A christmas tree in a mosque? Think about that sight! But a christmas tree is about as christian as it is islamic: not at all. But churches with christmas trees are abundant, even in deserts. So at least we have a religion here that is capable of a certain degree of pragmatism. I mean christianity, and this makes it somehow more sympathetic to me. However, if you want to spend x-mas without any religious reference I suggest you stick to santa clauses ;) ]

16.12.2005

Zut alors

Shit happens... 

 

take the test:  http://selectsmart.com/PHILOSOPHY/

1.     Jean-Paul Sartre   (100%)
2.     
John Stuart Mill   (93%)
3.     Kant   (83%)
4.     Ayn Rand   (73%)
5.     Epicureans   (73%)
6.     Prescriptivism   (66%)
7.     Jeremy Bentham   (60%)
8.     Aquinas   (60%)
9.     Spinoza   (52%)

non, mais les questions sont bidon, c'est de la manipulation !! 

15.12.2005

Egocentrisme ou Cosmocentrisme ?

(english below)

L'humain est-il individu ou partie d'un tout ?
Si nous n'étions que des individus, nous ne serions rien du tout, des vides enveloppés d'illusions. Si nous n'étions qu'une partie de quelque chose, nous ne serions rien non plus, car absolument soumis à un groupe totalitaire inhumain. Nous sommes les deux, car nous faisons effectivement partie d'une réalité plus vaste, et en même temps cette réalité s'exprime (en partie) à travers nous. Nous sommes les créateurs de nos visions, et en même temps cette création témoigne des forces qui forment le nexus que nous sommes.

L'individualisme et le collectivisme (communautarisme) font tous deux fausse route, seul un savant mélange des deux nous permet de respecter notre liberté en toute dignité. Des individus qui vivent détachés d'une communauté identitaire sont aliénés de leur nature. Des individus qui ne vivent qu'à travers leur communauté sont tout autant aliénés de leur nature. Soyons individus responsables et conscients de notre place dans l'univers, libres et plein de confiance en nous, et en même temps humbles et dévoués au prochain. Conscients de notre individualité transcendentale, et des forces transcendentes.

Is a human an individual or part of a greater whole ?
If we were only individuals, we would be nothing, voids within veils of illusion. If we were only a part of something bigger, we would be nothing at all either, totally submitted to the logic of a totalitarian group. For we are both, as we really are parts of something that's beyond, and at the same time, this reality expresses itself (partly) within us. We are creators of our mental formations, and at the same time this creation is a witness of the nexus of forces which we are.


Individualism and collectivism (communitarism) both lead to nowhere. Only the right mix of both enables us to be respectful of our freedom and our dignity. Individuals who live disconnected of any community have lost their nature. Individuals who can only exist through a community have lost their nature as well. Let us be responsible individuals who know their place within the universe, free and confident in our capabilities, and at the same time humble and at the service of our neighbour. Aware of our transcendental individuality and of the transcendent forces.


11.12.2005

Utopisme et repli identitaire

Chaque mouvement politique qui aspire à la réalisation directe de ses idéaux court un grand danger de xénophobie au sens primaire. Est-ce un hasard si les révolutions mènent généralement à des purges violentes visant à l'élimination physique de toute contestation ?

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L'utopiste projette sa volonté politique propre. Il se définit politiquement par rapport à ses idéaux et ne tolère pas les idéaux concurrents, qualifiés de réactionnaires, fascistes, communistes, etc. L'utopiste représente le repli sur soi, le repli identitaire. Le soi qui tente d'éliminer l'autre, le contradicteur, l'antagoniste. L'opposant politique devient un adversaire, voire un ennemi, alors qu'à l'origine les aspirations des divers courants politiques se ressemblent probablement dans leur volonté idéale d'instaurer un état de pureté. Une révolution sensée réaliser l'utopie débouche alors invariablement sur un régime totalitaire. Pour cette raison l'utopiste est fondamentalement xénophobe, même lorsqu'il dit défendre les droits des "étrangers", car le concept d'altérité ne se limite évidemment pas à des critères éthniques. L'utopiste abhorre de celui qu'il ne considère pas correspondre à son idéal. L'"autre", en Europe, est souvent et dramatiquement assimilé au juif, au capitaliste, à l'étranger, peu importe d'ailleurs si l'utopie est de "droite" où de "gauche". Le côté paranoïaque de l'utopiste lui fait souvent imaginer des conspirations à l'échelle mondiale contre lui-même et contre son identité politique. Voilà qui est aussi à l'origine du complexe de persécution du dictateur du régime totalitaire qui tente d'élargir le champs d'application du soi ... aux autres.

L'utopiste est donc fondamentalement dangereux. Mais considérer l'utopiste comme un ennemi signifierait retomber à son tour dans un schéma réducteur, et reniant l'altérité de l'utopiste. Les utopistes politiques font partie de la réalité politique, il faut faire avec. Il arrive que des libéraux insistent sur la nécessité de s'en remettre au jugement unique de l'individu. Or, il faut faire très attention de ne pas négliger les différences de vues qui persistent entre les acteurs politiques. L'homme est un animal social, il fonctionne toujours en groupe, p.ex. en clans, armées, entreprises, partis politiques, associations, etc. etc. quel que soit le régime politique en place. Pour cette raison, l'idée de fonder un régime constitutionnel uniquement sur la base de l'entente entre individus égaux en droits relève à son tour de l'utopie.

Le régime polyarchique (Etat de droit où le pouvoir politique est partagé entre plusieurs) est probablement le mieux apte à réconcilier les différents idéaux, l'aspiration à la justice et la liberté personnelle, à condition de savoir s'accomoder du fait que ses propres idéaux ne soient pas entièrement réalisables, et que l'aptitude à faire des compromis représente une conditio sine qua non d'un régime politique viable. Pour ces raisons, la polarisation en marche dans de nombreux pays doit être contre-balancée.

02.12.2005

Fumeurs, allez vous faire voir !?

 

 

Hier en sirotant le journal de la TSR je n'en croyais pas mes oreilles. L'OMS n'engage plus de fumeurs!

Voici ce qu'on peut lire sur le site de l'OMS (http://www.who.int/employment/recruitment/en/index.html):

"We do not discriminate on any ground (race, creed or sex). We are committed to promoting diversity in our workforce."

et plus bas:

"Smokers and other tobacco users will not be recruited by WHO as and from 1 December 2005. This policy should be seen in the context of the Organization's credibility in promoting the principle of a tobacco-free environment."

Et pourtant nous ne sommes pas le 1. Avril ou bien? Jouons un peu avec le politiquement correct: Quand est-ce qu'on refusera d'engager des personnes testées positives au HIV sous prétexte que le SIDA est une maladie dangereuse, ou les obèses, les cardiaques (comme chacun sait, les maladies cardio-vasculaires tuent à la pelle), les buveurs et autres pauvres vicelards? Où allons nous donc ainsi?

Soit le tabagisme est un choix, dans ce cas la liberté de ceux qui choisissent doit être respectée, soit c'est une maladie, et on doit porter assistance aux malades. Probablement d'ailleurs c'est un peu un mélange des deux.


25.11.2005

Bio-carburants dommageables ?

Quelques questions au sujet des bio-carburants, suite à la récente décision du Conseil fédéral de promouvoir ces derniers:

1. Mis à part un bilan favorable en ce qui concerne le CO2, ces carburant polluent-ils moins? Surtout s'ils sont utilisés sur des véhicules diesel non-équipés de filtres à particules fines. Que respirerons-nos enfants dans 200ans? (Le fait que le diesel bénéficie d'allègements fiscaux en France par rapport à l'essence me semble d'ailleurs proprement scandaleux.)

2. Le fait qu'on utilise des terrains agricoles pour produire des carburants ne risque-t-il pas de créer un problème de nutrition? Imaginons que la moitié de la planète roule au bio. Combien de champs ne seront-ils plus à disposition pour la culture des céréales. Combien coûtera le pain? Qui pourra se le payer, surtout à l'extérieur des pays riches? Qu'en sera-t-il de l'exploitation agricole de terrains où aujourd'hui il y a des forêts tropicales?

 

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voiture munie d'une pile à hydrogène


Il ne s'agit pas de condamner d'avance cette option, mais à vue d'oiseau, il semble que seul la technologie basée sur l'hydrogène peut tenir toutes les promesses. D'autant plus si il est produit dans des centrales solaires (dans des pays chauds). D'où le point essentiel:

3. Le bio-carburant ne risque-t-il pas de freiner la mise en place d'une technologie basée sur l'hydrogène? L'hydrogène demande des investissement plus subsantiels, il faut encore développer des piles à combustion plus "économiques" etc.

bus à Hydrogène à Stockholm

22.11.2005

Elections neuchâteloises

Deux Conseillers aux Etats PS ! Et ceux-là ne seront pas du genre à faire augmenter le niveau de nos représentants à Berne. Quel gâchis. Où nous mènera cette démocratie, et au nom de quoi ?

Il y a de quoi se rabattre sur l'espoir spirituel, je n'ai plus d'illusions quant à l'"humanité" qui suit son triste cours.

18.11.2005

Dimensions de la Politique

Voici un schéma qui permet de visualiser une classification des tendances politiques selon deux dimensions. Le première représente une dimension "collectivisation des facteurs de production" (hormis le travail, touchons du bois), la deuxième la disposition à transférer des pouvoirs à l'Etat. Ceci constitue évidemment une simplification, p.ex. je considère qu'une politique de redistribution correspond à une collectivisation, contrairement à la charité. Une base, facile à lire.

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Les zones représentent des tendances / partis réels:

Zone 1: démocratie occidentale

Zone 2: partis de gauche (le parti social-démocrate plutôt vers la droite du cercle, les communistes plutôt vers la gauche et ... vers le bas)

Zone 3: partis de droite

Zone 4: zone où l'extrême gauche et l'extrême droite se rejognent. C'est le clou du schéma qui permet de dessiner le cercle: prenons p.ex. Staline ou Mussolini. Tous deux se fichent des moyens de production, tant qu'ils exercent eux-mêmes un maximum de pouvoir.

A noter: le schéma ne permet pas de représenter les formes de gouvernements (despotisme, république, démocratie), mais dans les grandes lignes celles-ci suivront probablement l'axe 2, avec le despotisme en bas.

Les zones a et b sont hors d'atteinte, à moins, peut-être, de modifier génétiquement l'espèce humaine tout entière, et encore, la modification irait sans doute dans le mauvais sens.

17.11.2005

Libéralisme à visage humain

Le libéralisme est un terme utilisé à tort et à travers pour vouloir dire n'importe quoi. Pour certains, c'est le combat des forts contre les faibles. Pour moi, c'est l'expression politique de la philosophie des lumières.

Aies le courage de te servir de ton *propre* entendement. Il s'agit d'encourager les citoyens de reflechir sur leur manière de vivre, et de leur permettre de prendre des décisions en fonction de leurs convictions. Et, en contrepartie, de leur demander d'assumer ensuite ces choix, d'assumer les conséquences aussi bien positives que négatives.

Malheureusement il y a des "forts" qui parviennent à imposer leurs choix plus facilement que d'autres. Il se pose alors un conflit entre la nécessité de limiter un pouvoir qui viendrait enfreindre la liberté des individus et le danger qui consiste à transférer des pouvoirs à un Etat qui a son propre agenda politique, transfer qui représente aussi un abandon de libertés.

La politique est (à mon avis) axée autour de ce conflit, mais le désaccord porte sur le dosage, pas sur le principe. Sauf pour les enthousiastes qui veulent détruire le système. Or, une révolution sert à se débarasser d'un pouvoir despotique. Jamais dans l'histoire une révolution (insurrection) n'a permis de changer une société. Au contraire, il faut une certaine sérénité au niveau politique afin que les mentalités puissent évoluer dans une certaine direction. Le libéralisme est un phare (parmi d'autres) qui nous permettra de réduire certaines inégalités. Par exemple, la globalisation doit permettre une répartition moins inégale des ressources entre pays qu'actuellement. A conditions de ne pas permettre un "laisser faire" excessif grâce notamment à des institutions comme l'OMC qui régule le commerce mondial et oÙ les pays peuvent s'accorder sur une marche qui convient à tout le monde.

Gauche ou Droite ?

Question: doit-on demander un prix pour un médicament qui sauve des vies ?

Réponse: oui:
En fait, même si on décide de distribuer gratuitement certains médicaments, ceci a un coût, car il faut faire de la recherche, développer le médicament, puis le produire. Si le médicament n'est pas payé à l'achat, cela veut dire que c'est l'Etat qui finance les coûts. Donc, la question n'a pas vraiment de sens, car si on veut un médicament, il faut de toute façon assurer son financement. Et ce financement se trouvera forcément en concurrence avec d'autres bonnes idées qu'il faudrait aussi financer.

Bon, autre question: que faut-il faire pour s'assurer que les patients qui en ont besoin reçoivent un tel médicament ?

On peut p.ex. nationaliser une partie de l'industrie pharmaceutique afin de produire certains médicaments essentiels, distribués alors gratuitement. On peut aussi rembourser l'achat d'un tel médicament à travers une caisse maladie p.ex. Ce dernier système, selon les connaissances économiques à disposition, sera beaucoup plus efficace. On pourra fournir plus de médicaments avec le même argent. La nationalisation des moyens de productions est généralement une assez mauvaise solution, sauf exception p.ex. en ce qui concerne le système de caisses maladies mentionné.
Ou alors on laisse faire la nature. Les malades se débrouillent pour trouver le financement eux-mêmes. Ce système a l'avantage de laisser à chacun le soin de fixer ses propres priorités. Néanmoins je pense que l'incertitude ainsi crée s'avèrerait encore plus coûteuse qu'une certaine forme d'intervention de l'Etat dans le secteur de la santé.

Conclusion: la santé a un prix que quelqu'un doit de toute façon payer quel que soit le système. Mais la santé n'est pas (seulement) un bien économique, la vie terrestre étant limitée, quel que soit le prix payé, Thanatos nous aura quand-même, d'où la nécessité de ne pas en faire trop non-plus, mais trouver un juste équilibre entre la nature et l'"acharnement thérapeutique".

Pour revenir au titre. Qu'est-ce que ceci a à voir avec la gauche où la droite? A mon avis, rien, du moins je pense que ce genre de questions devraient être considérées comme purement techniques, libres d'idéologie...

10.11.2005

Libéralisme de banlieue

Le libéralisme a des vertus que la vertu ignore, et contre vents et marées je pars une fois de plus à la charge pour la défense du libéralisme économique en France. Sa mauvaise réputation, il le doit à l'assimilation avec une politique de droite. Or, on ne peut pas assez le répéter, la droite française n'a pas grand chose de libéral, du moins si on prend le mot au sens strict (ni la gauche d'ailleurs, contrairement à sa vocation dans bon nombre d'autres pays). D'où un besoin urgent de changement.

Car un Etat moderne ne peut pas fonctionner sans un minimum de libertés effectives dont peuvent bénéficier les citoyens au-delà des bonnes intentions d'une loi bien intentionné, notamment dans le domaine économique. Même si l'économique ne doit pas primer sur le politique, il s'agit là d'un catalyseur puissant pour résoudre bon nombre de problèmes. L'abolition de l'apartheid avait avant tout un caractère économique: l'accès des noirs au même niveau de vie que les blancs. L'apartheid des banlieues est similaire sous certains aspects à l'Afrique du Sud, notamment en ce qui concerne l'impossibilité de certaines personnes d'accéder à l'indépendance économique. Au contraire, on cultive le mentalité d'assistés, on crée une identité de banlieusard, objet avant tout de toutes sortes d'aide sociale, plutôt que d'identité simplement humaine à laquelle on accorde sa confiance et qu'on encourage à être responsable. Bon nombre de chahuteurs ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes s'ils demeurent des banlieusards-victimes. Mais barrer l'accès à la réussite sociale à ceux qui ont la volonté et le courage de s'en sortir est proprement révulsant. Le pire mal français.

Comme la plupart des pays occidentaux, la France est un pays où des gens d'horizons différents se côtoient. Il est donc normal que l'économie française assume et reflète cette diversité. Cela implique un changement de mentalité lors d'une embauche, mais cela implique aussi un changement des conditions d'embauche de façon plus générale, notamment dans le sens d'une plus grande flexibilisation du marché du travail. Un employeur qui peut facilement licencier est toujours beaucoup plus disposé à prendre des "risques" lors de l'embauche. Ca marche bien ailleurs, pourquoi pas en France ? A noter, dans le contexte de cette note, qu'il est aussi indispensable d'inciter les citoyens à devenir des entrepreneurs indépendants, même et surtout à une très petite échelle. Cela implique p.ex. aussi une modernisation du secteur de la banque de détail, etc. etc. il y a tellement de choses à faire - à condition de savoir où on va. Et un jour, certainement, il sera normal de côtoyer des collègues de travail qui ont un accent différent, peut-être même une culture différente, mais qui partagent les idéaux et les valeurs qui ont fait de la France ce qu'elle n'est plus, mais ce qu'elle redeviendra.

04.11.2005

Identité de banlieue ?

Il faut en finir avec l'inculture du sans-limites. L'éducation c'est les parents qui posent des limites aux enfants. La politique, c'est l'État qui pose des limites aux citoyens. Dans un État de droit cela se fait en suivant des règles démocratiques: protéger les droits de tous les citoyens, en premier lieu les droits de ceux qui sont confrontés à une atteinte directe à leur intégrité physique. L'État doit agir contre toute forme de violence, dont il n'est pas à l'origine. Un État, dont les lois sont établies par une assemblée démocratiquement élue, a la responsabilité de ne pas se laisser submerger par le non-droit. Une bonne manière de faire, à en juger d'après le succès obtenu à l'étranger, est une politique de tolérance zéro, aussi connue sous le nom de politique de la "vitre brisée": chaque graffiti, chaque vitre brisée doit être combattue, la civilité redevenir principe de conduite. Sans ça, la démocratie n'est plus respectée, n'est plus qu'une coquille vide. Et les conséquences d'une absence de démocratie (même imparfaite) sont bien visibles au Moyen Orient, en Afrique, et dans d'autres pays par-ci par-là.

Mais à l'État n'incombe pas seulement la responsabilité de poursuivre des délinquants, il est aussi responsable de mener une politique sociale et économique au service de ses citoyens. Le problème est que les oeillets idéologiques empêchent souvent l'État de mener une politique responsable. Il s'agit de dynamiser l'économie, seul moyen de créer des emplois afin d'offrir un avenir à tous les citoyens. Quitte à accepter des échecs, des citoyens incapables de s'en sortir. Eux ont droit au soutien de l'État, à l'État social. Le danger guette, la différence entre ceux qui ne sont pas capables et ceux qui ont peur de l'effort n'est pas toujours évident. Là réside une clé de beaucoup de problèmes: ne pas responsabiliser l'individu parce qu'on le juge incapable de s'occuper de sa vie.

Responsabiliser l'individu, c'est admettre que chacun a le choix. C'est admettre que l'on *est* en fonction de ce qu'on *fait"*! Et non le contraire. Il n'y a pas d'identité donnée à la naissance. L'aristocratie est par ce qu'elle fait. Celui qui s'identifie à un statut de "banlieusard" a choisi de l'être, à lui d'en porter les conséquences. Être musulman-intégriste-hors-la-loi est un choix, être français-musulman est un choix. Ceux qui choisissent de briser les règles ne méritent pas de complaisance, ceux par contre qui choisissent de les accepter méritent le soutien de la communauté entière; tous, sans distinction de race, religion, tradition, naissance. Ceux-là méritent que l'État ne cultive pas une économie du chômage, ferme les yeux sur une embauche discriminatoire etc. Dynamiser le marché de l'emploi permet de créer des emplois, si seulement certains partenaires sociaux avaient la modestie (la grandeur) d'accepter certaines évidences, difficiles à communiquer il est vrai.

Voilà pour les grands principes. Pour l'heure le seul politicien qui semble aller dans la bonne direction c'est ... Sarkozy ! Preuve vivante qu'un fils d'immigrés, non énarque, non-membre de cet étroit cercle d'initiés peut assumer une responsabilité au plus haut niveau. Dur envers les tricheurs, mais prêt à donner sa chance à celui qui le veut, à travers une politique moins paternaliste que celle de tous les autres à gauche comme à droite. Qui plus est, en bonne bête politique, il fera ce que les électeurs attendent de lui. Car celui qui se positionner par ses choix trouve toujours, comme par magie, l'énergie nécessaire pour persévérer. Sarkozy incarne l'importance donnée à la liberté de choisir, à la responsabilité de chaque citoyen. Pour une fois quelqu'un à droite non-orphelin d'un ancien régime, mais un démocrate. Et ce pendant que la gauche est déchirée entre fantasmes idéologiques d'une autre époque et manque total de perspectives. Sarkozy galvanisateur. C'est peut-être grâce à lui que la gauche pourra retrouver sa vocation. Et c'est peut-être lui qui donnera enfin un sens démocratique aux institutions de la Vème République contrairement à ce que certains craignent. Sinon lui qui d'autre? Et dire que je ne le trouve même pas vraiment sympathique, et malgré une certaine méfiance irrationnelle je lui fais un tel éloge. Mais la question des personnes est secondaire ou du moins circonstantielle, je peux me tromper sur la tête d'un politicien. Mais je préfère me faire escroquer en étant de bonne foi, que de me méfier de tout ce qui m'entoure, car ceci me permet de justifier un changement, le cas échéant, et de prévaloir à plus long terme.

Pour terminer j'insisterai sur cette clé de mon argument: Malgré tous les déterminismes, tous les impossibles de la nature, on est ce qu'on fait. L'identité n'est pas une question de groupe, de religion ou autre refuge et excuse facile, notre identité découle de chacun de nos choix. Et nous avons tous le choix. C'est ce que nous avons de plus précieux. Chacun selon ses dons. Les plus nobles se trouvant parfois, que dis-je, souvent, presque toujours, parmi les plus modestes.
 
 

01.11.2005

Les femmes

En tout cas les plus belles, on ne les voit que de derrière.

Même en trajectoire hyperbolique, frôlant ces barycentres déroutants, elles dissimulent leur face cachée.

Elles seules doivent en connaître leur raison.

24.10.2005

Non à l'extension des ouvertures de magasin le dimanche !!

Les raisons suivantes me semblent suffisamment éloquentes pour dire non aux votations fédérales (suisses) qui s'annonceront difficiles:

1. La mesure en soi ne change pas grand-chose à la législation en vigueur, mais représente un signal pour des futures modifications de la loi qui vont en direction d'une ouverture généralisée des magasins le dimanche.

2. Les bénéfices économiques d'une augmentation des heures d'ouverture risquent de bénéficier surtout aux grands centres commerciaux, au dépens de commerces mal atteignables en voiture. Selon des études, l'effet global serait assez mitigé, aussi bien concernant la consommation et concernant l'emploi. Ceci n'est pas étonnant puisque n'ayant pas plus d'argent, même en prenant plus de temps, on ne peut pas consommer plus.

3. Les coûts sociaux seraient sans proportion avec les gains minuscules (voire négatifs) espérés. Pour les uns, faire les courses le dimanche apporte plus de confort. Il faut moins se creuser la tête pour savoir ce qu'on va faire le week-end, et on a la grande chance de passer plus de temps à faire ces courses. Le personnel des magasins en revanche, voit ses choix diminuer. Etant généralement obligé de s'adapter aux exigences des employeurs, les temps de travail des parents risquent de s'éparpiller, la disponibilité de cette population pour d'autres activités (non-monétaires) comme l'éducation des enfants diminue. Cela seul me suffit pour monter aux barricades.

La liberté, plus haut de tous les biens, ne doit pas être celui du renard dans un poulailler. Dire non est un choix libéral, parce qu'il permet une plus grande liberté de choisir, et une meilleure prise de responsabilités de la part de chacun.

(P.S: quant aux OGM, je laisse le soin au lecteur de déterminer quel vote permettra au consommateur de choisir plus librement, en plus grande connaissance de cause...)

17.10.2005

Illusio rei

Vouloir se changer c'est s'aliéner. Se comprendre c'est se transformer sans le vouloir.

Vouloir changer le monde c'est perpétrer l'injustice cachée par l'utopie illusoire. Comprendre le monde c'est se rapprocher de l'utopie.

Imaginer c'est figer l'illusion. Comprendre l'imagination c'est créer.

La liberté est involontaire.

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11.10.2005

Confession de foi

... si toutefois le mot foi est le bon qualificatif.

Pasteur Jarousseau et Révolution copernicienne
J'ai été chrétien "évangélique libre" il y a très longtemps. Telle fut mon éducation, issue d'une famille protestante pratiquante, voire plus. J'ai ensuite complètement perdu tout repère céleste. Toutes ces litanies bibliques saugrenues ne pouvaient plus être maintenues face à une rationnalité naissante. Désormais, ma volonté était la mesure du bien, etc. J'ai même (modestement) flirté avec le nihilisme, recherchant les délices d'une attitude de fin de monde un peu décadente.

S..., dr..s, and Rock'n'Roll
Les questions fondamentales ont été prises en charge par mon goût pour la philosophie spéculative. Dès le plus jeune âge je jouais avec des projections mentales de l'univers dans l'espace-temps, mais je ne peux pas dire que ceci a abouti a grand chose. Livre clé: Cosmos, de Carl Sagan. Ce qui est certain, c'est que la philosophie a ses avantages, et notamment celui de permettre l'"organisation" des pensées, et de faciliter une certaine cohérence dans les idées. Pour faire court, l'apport principal de la philosophie a été la philosphie transcendentale de Kant. Le fait que notre vision de la réalité est faussée par le filtre cognitif à travers lequel notre conscience est obligée de percevoir, et l'obligation d'étudier cet appareil de cognition avant de s'exprimer sur la réalité qui semble en émaner. Détail important: Kant affichait une foi assez optimiste envers Dieu.  Je dois, donc je peux
Donc, il y avait un fond plus ou moins inconscient de valeurs chrétiennes, sur fond de conceptions scientifiques héritées des présocratiques. Fondement classique, souvent tacite, de la vision occidentale du monde donc. Avec pour couronnement ladite analyse transcendentale.

Du karaté au kung-fu au zen
En même temps il y a eu la fascination pour les philosophies orientales, d'abord le brahmanisme, et très rapidement le bouddhisme. Dérives idéalistes vers Schelling, mais mépris total pour des gens comme Schopenhauer, petites pointures selon les critères en vogue des cercles intellectuels du moment et du lieu. Sans cet aristocratique mépris, j'aurais peut-être dérivé vers le nihilisme primaire et son aussi primaire mépris pour la société de "consommation". Tod dem Gesinnungsproletariat. Et, découverte plus récente: le noble Maître Spinoza.

La clé est le bouddhisme: les quatre vérités, mais à la lumière de l'octuple sentier. Voici une spiritualité/religion/philosophie à la fois rationnelle et laissant la place à l'expérience "mystique", seul accès métaphysique. Une pensée qui permet de fixer des priorités, et qui permet par-là surtout aussi de dépasser la "pensée" pour s'approcher d'une approche plus élargie de l'être humain. Auteurs clé: Thich Nhat Hanh, Deshimaru, Suzuki. Rejet du bouddhisme tibétain, avec son clergé, sa liturgie et ses dogmes.

Zen
Le zen est basé sur l'expérience personnelle. Il laisse la place à un Dieu, sans l'imposer. Il incite à progresser dans la vie, en se débarassant des aprioris. Les concepts bouddhistes m'ont permis de comprendre les concepts chrétiens différemment. La raison de cette note est aussi là:
La bible est plus qu'une fabuleuse étape de la création littéraire, c'est une source de sagesse, et les visions mystiques y abondent dans un langage très compréhensible, mais qui peut parfois induire la confusion. Je ne crois tout simplement pas que les appels au génocide du Deutéronome sont la Vérité, et cela ne colle pas avec d'autres endroits. Ce qui devient clair à la lumière de l'étude du bouddhisme.
Des notions comme le pêché prennent une autre dimension: la souffrance naît de en fin de compte de l'ignorance. Et nous sommes tous des ignorants. Au fur et à mesure que l'ignorance diminue, notre comportement change. L'apport du christianisme est de dire que les efforts personnels resteront toujours insuffisants. C'est la grâce qui libère, et rien d'autre, mais la grâce ne frappe pas au hasard. Le satori est avant-tout une expérience mystique qui a ses équivalents en Occident. Le satori semble parfois tomber du ciel, mais c'est là aussi un hasard due à la perspective.

Point essentiel: la libération ne peut pas être un but dans notre vie, il ne sert à rien d'y aspirer, puisque cette libération est au delà des possibilités humaines. C'est une pure spéculation. Désirer la libération c'est s'en éloginer:

Être humain est être affecté !! C'est sans appel. On ne se débarrasse pas des affections, ni de son language. La condition humaine exclut l'apothéose.

Le progrès s'opère par la vie au quotidien. Aide-toi. Fournis l'effort juste. Connais toi toi-même, applique la concentration juste et connais tes désirs affections et limitations. Ne dépasse en rien la mesure, ne tombe pas dans les extrêmes. Et la sacralisation d'un texte humain, quel qu'il soit, est forcément extrême. Tout se mêle et tout devient clair, lorsque l'esprit se pose. Et confie toi en la divinité, sachant que toute divinité est une image, interdite, qui représente le réel, mouvement immobile. Et que le salut passe par une médiation: la vision n'est pas immédiate, mais différente car dans une autre direction.

Chacun est son seul point de vue. D'où le respect de l'individu, la confiance en la Démocratie libérale, et l'indifférence envers la société de consommation qui n'est que miroir de nos désirs.
 

07.10.2005

Mélanographie

Hannes Schwarzmaler: Le monde s'effondre, tout est perdu. Vous qui refusez de le voir, vous voulez notre perte: arrêtez donc de conduire vos voitures, de boire, de fumer, de ne pas porter de casque, de manger toutes ces choses, de faire semblant d'être heureux, alors que vous n'arrivez pas à réaliser votre personnalité au travail (looser!), arrêtez de vivre. Pauvres sots, ne lisez vous donc pas les journaux, pourtant les photos y sont de plus en plus grandes. Ne voyez vous pas les cargaisons quotidiennes de cadavres au journal télévisé? Vous êtes des monstres, des bourreaux, des pervers, des hommes et des femmes. Arrêtez donc d'exporter, d'importer, arrêtez de consommer. Ne voyez-vous pas les pauvres gens crever de faim dans le Tiers monde? Les Chinois? Ah, bon, eux de toute façon il ne l'ont pas mérité ces commun..euh, et les turcs non plus tiens, et vlan. Flinguez-vous.

Lagos, le lapin de la petite nymphe: Si ce n'est que cela, peu importe. Il y pire dans le monde non? Mais je sais éviter vos écueils. Cela fait deux mille ans que le monde n'arrête pas de s'effondrer. Qu'il continue. J'en profiterai couché dans une pelouse qui grouille de grillons, l'oeil dans les nuages et une carotte sous la dent.

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05.10.2005

Le commerce équitable

(en réponse décalée à un commentaire sur un autre blog)
 
C'est presque une hérésie aux oreilles de certains qui ont quelques connaissances des mécanismes économiques, mais je dirai malgré tout que le commerce n'est pas toujours équitable. Malgré toutes les théories, parfois c'est tout simplement vrai.
 
Globalement toutefois, le commerce permet d'augmenter le nombre d'objets économiques produits, ce qui permet d'endiguer la misère. La misère n'est pas éradiquée de la planète, mais grâce à l'économie commerciale (de marché) nous avons les moyens pour en limiter l'étendue.
 
La politique économique n'est pas la charité. La charité est personnalisée, on sait à qui on donne, alors que la politique économique est impersonnelle, on ne nomme ni les destinataires, ni les victimes du système.

Les objets marchands (biens et services) ne font pas en eux-mêmes le bonheur et il s'agit rarement d'oeuvres d'art (elles-mêmes souvent trop commerciales d'ailleurs). Mais ces biens, ces vils objets économiques ont permis à votre mère de nous, de vous nourrir. Et si cela ne vous enchante pas, pour moi il suffit de savoir que votre mère, Elle, cela l'enchantait de pouvoir assumer la vie. Et tant pis si les foules manipulées (et bien nourries) pleurent l'impossibilité de satisfaire les vaines promesses de la consommation sans bornes. Je ne les plains pas, l'essentiel est ailleurs.

 

Quant au mérite du système économique basé sur le commerce des biens et services, il permet de fournir une base pour vivre au plus grand nombre de gens. Vous me direz qu'une telle perspective anonyme manque de perspective éthique. Eh bien voici le problème de l'éthique politique par excellence. Comment juger de la valeur éthique d'une politique qui par essence provient d'une décision d'un système (politique) et est adressée à un ensemble indéfini de personnes? Je n'ai pas de réponse toute faite. La politique commerciale fait des victimes, mais elles sont involontaires. Elles sont surtout inévitables. Une politique alternative (le marxisme, qui réduit tout à la production de biens?) ferait aussi des victimes. Qui a la solution? John Rawls? Faut-"il" abolir l'Etat?

 

Une fois posé la question d'un système économique sur lequel on peut s'entendre, sans forcément se fixer, il reste les questions de redistribution (la distinction est rhétorique, évidemment cela fait partie du système économique). D'un point de vue libéral, la redistribution permet avant tout l'égalité (autant que possible) des chances. Mais ceci ne peut pas être la seule raison d'être. La redistribution se justifie tout simplement par la nécessité d'aider ceux qui sont dans le besoin. Mais il est envisageable qu'une société d'individualistes primaires n'en ait que faire (j'émigrerais hors d'un tel pays).

 

Evidemment, il y a les individus qui ont le pouvoir, et qui n'en usent pas toujours selon les critères de morale politique (qu'on aura eu soin de définir *avant* de s'attaquer aux décisions politiques prises). Ce pouvoir devrait être limité, cela limitera les abus, quels qu'ils soient. Un moyen de limiter la concentration de pouvoir est de promouvoir un système qui distribue le pouvoir sur une pluralité d'individus. Une polyarchie. Ce que nous appelons "démocratie" p.ex. A noter qu'une démocratie ne protège pas automatiquement contre la "tyrannie" de la majorité.

 
Revenons à la valeur des objets économiques: à chacun de leur donner la valeur qu'il souhaite sans dénigrer la valeur qu'un autre peut leur attribuer me semble une approche assez solide pour juger de la matière.
 

Que celui qui a des yeux regarde, et que celui qui a des oreilles entende. Je crois à l'âme autant qu'à la matière, car elle forment des pièces uniques.

30.09.2005

Atlas

"Der Not ist jede Lust entsprossen und unter Schmerzen nur gedeiht, das schönste was mein Herz genossen, der holde Reiz der Menschlichkeit." F.Hö.

Le fardeau de la tradition fonce vers toi, en s'alourdissant à chaque génération. Mais je serai là pour le retenir, ma petite Nymphe. Je n'y mettrai pas mon propre fumier. Je te protègerai d'eux, ceux qui s'amassent comme des vampires ahuris par l'odeur verte de cette vie nouvelle dont ils croient être assoiffés, et qu'ils ne connaissent plus qu'à travers leurs fantasmes décharnés. Ne crains pas de perdre un regard vers l'arrière, j'ai balayé le tien. Mais ne t'y attarde pas. Il n'y a rien d'important, rien à regretter. Pas de mystères cachés. Sauf ceux que je ne peux retenir qui viennent de plus loin, du temps des héros, et qui sont trop léger pour t'abîmer. Ceux-là au contraire, profites-en comme une frégate pour te pousser dans les bras généreux de la victoire.

Ils veulent ton âme, donc ta peau. Ils espèrent trouver cette vie qu'ils ne trouvèrent pas en eux, ou qu'ils jetèrent avec le bain. Ils te veulent pour eux, pour que tu leur donnes ton sang. Garde-le bien, n'en perds pas une goutte, pour qu'il ne t'en manque pas lorsque tu écriras ta vie. Ils ne savent pas que tu es leur sol, qu'il ne faut pas creuser, mais sur lequel il suffit de dormir. Ils ne savent pas qu'il faut descendre pour voir les étoiles. Qu'il faut diminuer pour grandir. Va tout droit, sur le chemin des lignes isoplèthes et ne t'arrêtes que pour dormir.

29.09.2005

Droit au travail

Le travail n'est pas un droit, mais une obligation. La responsabilité de l'Etat est de faire en sorte que chacun qui le souhaite, obtienne un travail. On notera que l'Etat n'est ni obligé ni d'ailleurs en mesure de fournir du travail à tous. Il n'est pas non plus tenu à garantir que les travaux qui impliquent un statut social plus élevé soient réservés aux nationaux, pas plus que de réserver les sous-métiers aux immigrants. Sa principale fonction est de faire en sorte que chacun trouve sa place dans le système économique. Pas question non plus de rémunérer tout le monde au même salaire. Les efforts et talents individuels varient et doivent être rémunérés en conséquence. Aussi, ceux qui choisissent de travailler plus ne doivent pas être puni par la loi ou par les impôts pour cela. Les comportements abusifs de la part des employeurs ne méritent pour leur part aucune complaisance du Gouvernement.

24.09.2005

Blog parallèle

cf. aussi:
http://www.u-blog.com/antares

(blog principal)

Modèles Constitutionnels

Quel doit être le mode constitutionnel d'un pays ? Il y a trois modèles fondamentalement différents: Monarchie, Aristocratie et Démocratie. Leurs formes perverties respectives sont: Tyrannie, Oligarchie et Ochlocratie. Une "perversion" a lieu lorsque le principe de la forme de gouvernement n'est plus respecté.

En pratique, le gouvernement est toujours un joyeux mélange de tout cela. C'est le dosage judicieux de chacun de ces éléments, en fonction de la situation du pays qui décidera du succès. La France n'est pas une monarchie, et le peuple ne détient pas le pouvoir. Le parlement n'est pas constitué des 500 "meilleurs", et les parlementaires et autres hommes et femmes de pouvoir n'en détiennent pas en quantités égales. En même temps, on constate des élements de pouvoir concentré dans les mains d'un seul, dans les mains d'une élite et dans les mains du peuple. Le peuple élit. Le parlement formant dans un certain sens l'"aristocratie" légitimée par le peuple vote les lois. Le président unit le pays, l'aspect charismatique de son pouvoir est essentiel pour cela. Choisir une forme de gouvernement unique et extrême, p.ex. une aristocratie non-élue, et sans monarque n'est simplement pas viable. La démocratie parfaite est en fait l'anarchie puisque toutes je dis bien toutes les décisions (au moins au niveau du législateur) seraient prises par le peuple. Qui plus est ce peuple ne pourra pas être guidé ou influencé par des meneurs (élément aristocratique). Il faudrait aussi abolir les médias. Celà aussi ne ferait pas long feu.

Il y a des mauvais régimes relativement stables: monarchies tyranniques (style Iraq avant 2003), oligarchies industrielles (que je ne nommerais pas) et il y a tout les autres qui fonctionnent tant bien que mal, et qui ne sont jamais entièrement bons ni mauvais.

Qu'est-ce qu'un modèle bon ? Malheureusement la réponse ne va pas de soi. Chacun a des intérêts différents selon sa situation: le travailleur ne veut pas être exploité, l'entrepreneur veut pouvoir faire des affaires, le politicien veut pouvoir être réélu, l'intellectuel veut pouvoir s'exprimer librement, le pieux veut adorer ses images métaphysiques tranquillement (je placerais la théocratie dans la catégorie des cas spéciaux d'une l'aristocratie assez épurée), le citoyen veut la justice, l'égalité devant la loi, la sécurité. Et on pourrait continuer sans fin. Tout ces gens se disputent sur les dosages des modes de gouvernement. Comment trancher ? En pratique les plus forts, les mieux organisés peuvent faire triompher leurs idées. En pratique aussi, le mode de gouvernement ne pourra pas durer s'il ne tient pas assez compte des exigeances de certains. En théorie, le meilleur gouvernement est probablement celui dans lequel chacun de nous aimerait vivre avant de connaître son statut dans la société (difficile à mettre en oeuvre).

Cette dernière remarque plaide pour un gouvernement (quel qu'il soit) fondamentalement libéral, c'est à dire respectant chaque individu en tant que tel, ne placant pas au-dessus de lui un imaginaire intérêt collectif.

(à suivre)

21.09.2005

Crise régénératrice


Les paleo-keynésiens sont comme des médecins qui s'acharnent sur un cadavre. Essayer d'envigourer une économie à coups de déficits publics, baisses de taux d'intérêt et autres artifices peut sauver le patient s'il se trouve dans un état de faiblesse passagère, mais peut aussi le tuer si le mal est plus profond. Le succès du traitement dépend donc des circonstances. Maintenir le pouvoir d'achat des consommateurs ne fonctionne que si on n'achète pas plus que ce qu'on produit. Plus il y a d'assistés, retraités, chômeurs, plus il est difficile de satisfaire tout le monde avec une production (proportionnellement) décroissante. L'égalité est possible, mais uniquement au prix d'une pauvreté grandissante. Pour éviter l'inévitable, l'économie réagit implacablement soit par l'inflation, soit par une récession, et le plus souvent par une savante combinaison des deux. Si on dépense plus d'argent que ce qu'on peut acheter avec sa valeur, cela veut dire que l'argent vaut moins. Nous n'avons pas d'inflation à l'horizon, il demeure la récession.

La crise est-elle à l'horizon? Ces choses ne se prédisent pas, elles arrivent, et après coup on se rend compte que c'était inévitable (quoi qu'il arrive). Beaucoup parle en sa faveur. La politique hautement inflationniste des Etats-Unis, la sclérose structurelle de l'Europe, les maladies d'enfance en Chine et le manque de vie intérieure de l'économie japonaise. Le système est fragile, et c'est surtout l'Europe qui est en danger. Si une crise devait se produire, les économies auraient de la peine à s'adapter. Les structures rigides dans les marchés de l'emploi notamment rendent tout adaptation lente et difficile. Rappelons toutefois les mérites d'une crise: c'est le moment où les entreprises peuvent ré-affecter des ressources dans des domaines plus prometteurs, et larguer les secteurs moribonds. Après, ça va toujours mieux, même beaucoup mieux, l'emploi explose, à condition d'y arriver. Si l'Europe promet à ses travailleurs un revenu assuré, y compris lorsqu'ils ne travaillent pas ou plus, et que la récession prive l'Etat des moyens nécessaires à tenir ses promesses ... (on aura même l'inflation). En gros ça passe ou ça casse. Et si ça casse, on sera obligé de faire face à la réalité (à la vie?). Ca fait mal, mais après ça va généralement mieux. La reprise n'est toujours qu'une question de temps, surtout lorsqu'on est jeune. Et la crise permet d'ouvrir les yeux et de contempler l'essentiel. Se rendre compte qu'il suffit de peu pour construire un monde, mais que certains ingrédients sont essentiels: perséverance, tempérance, etc. Que la consommation est un bien - jusqu'à un certain point. Qu'il y a une différence entre pauvreté et misère. Un exemple: l'économie Argentine, jadis l'une des plus florissantes dans le monde, ne s'est jamais adaptée aux structures changeantes, ses systèmes juridique et politique (grossièrement corrompus) n'incitent pas au travail, ni à l'honnêteté, etc. Après la guerre, les économies européennes étaient dévastées, pourtant la reprise à été grandiose. C'est tout une question d'attitude: aujourd'hui la crise est déjà dans les têtes (cf. miroir), demain, qui sait ce qu'il adviendra? Mais la crise ne sera en tout cas plus dans les têtes.

(14 juin 2005)

05.09.2005

Création de richesse globale

La globalisation a bon dos. Pour les uns elle est l'incorporation du mal, l'outil d'exploitation des pays riches permettant de maintenir les déséquilibres et l'injustice, et créatrice de chômage dans les pays industrialisés. Pour les autres elle est l'outil d'émancipation des pays en développement, permettant l'accès aux marchés des pays industrialisés et l'accès au capital qui leur permet d'investir pour l'avenir, une panacée pour réduire le chômage et tous les autres maux dont sont ravagés les pays industrialisés. Ceci grâce aux libéralisations et dynamisations de la croissance économique. Pour être réaliste, il faudrait chercher où les uns et les autres ont raison, et où ils exagèrent.
 
Selon la science, la libre circulation des biens et services permet l'amélioration de tous ceux qui y participent, l'échange commercial étant toujours générateur de richesses. Ceci ce confirme globalement en comparant les pays qui ouvrent leurs frontières et ceux qui donnent dans le protectionnisme, quel que soit le niveau de développement. En pratique, même si en moyenne, un pays gagne, il y aura toujours à l'intérieur ceux qui gagnent plus, ceux qui gagnent moins, et ceux qui perdent. Pour que cela sonne bien, on dira que ceux qui perdent sont de toute façon toujours les mêmes, les laissés pour compte de la politique. Là où les choses se corsent, c'est lorsqu'on considère la libre circulation du capital. Là, même en théorie, il y a un fort risque d'accumulation de capital là où il existe de toute façon déjà en abondance. Ce mécanisme risque d'empêcher le développement des pays qui désirent le développement économique. Ceci justifie dans une certaine mesure les contrôles de capitaux, comme les pratiquent p.ex. la Malaysie ou la Chine. Ces deux pays montrent toutefois, qu'il est possible pour de bénéficier de la globalisation - à condition de mener des politiques économiques intelligentes et adaptées au besoins spécifiques du pays, et pas p.ex au besoin personnel du président. Si l'Afrique p.ex. peine à s'enrichir, ce n'est pas lié directement à la globalisation, mais aux nombreux manquements des systèmes politiques autocratiques (non-poly-archiques) qui empêchent une politique au service de la population. Peu importe l'ordre économique, ces pays ont toujours figuré parmi les perdants (au sens économique, et pour peu qu'on y admette un désir de changer les choses).
 
En théorie, dans un monde libéralisé, le chômage n'existe pas. Si en théorie, il existe quand même, c'est tout simplement qu'il demeure de nombreux secteurs non-libéralisés. En pratique c'est vrai aussi, mais la réduction du chômage a un prix. Je m'explique. Avec la mobilité accrue du capital et du commerce accru, c'est comme si l'offre de main d'oeuvre se trouvait décuplée. Le stock de capital demeure relativement fixe. L'abondance relative de main d'oeuvre au niveau mondial crée une pression sur le prix de la main d'oeuvre, donc sur les salaires. Si on acceptait des baisses de salaires, on n'aurait aucun problème de régler le problème du chômage en Europe, mais le prix est trop lourd: un travailleur européen non-qualifié ne pourrait pas survivre avec un salaire chinois... Pour la main d'oeuvre qualifiée c'est un peu plus compliqué, mais il est utile de rappeler qu'il y a un manque de main d'oeuvre qualifiée en Europe (que font les ministres de l'éducation ?!). Il existe toutefois un espoir: une fois que des pays comme l'Inde et la Chine auront atteint un niveau de vie plus élevé, leurs salaires augmenteront nécessairement (c'est déjà le cas pour les salaires des chinois qualifiés). Il ne faut à mon avis pas avoir peur de la Chine, mais il faut avoir peur que son développement soit ralenti, ceci risquerait d'exacerber les problèmes actuels, et espérer que ce pays aspire au niveau de vie que permet une économie industrialisée.
 

En conclusion, il faut rester pragmatique: ne pas être pour ou contre, mais chercher comment utiliser les mécanismes et dynamiques en place pour le plus grand bien de tous, en façonnant leur façonnant un visage humain. Ne pas attaquer l'ennemi de front, mais utiliser la force de son mouvement contre lui-même.

Un petit mot sur la valeur de l'argent. Évidemment l'argent (et surtout l'action de s'enrichir) ne rend pas heureux. Mais le rôle de la politique consiste à permettre un accès aussi juste que possible de tous les citoyens aux ressources matérielles. L'injustice économique ne peut être résolue que par des politiques économiques. L'injustice, elle, n'est pas un problème économique. Et à l'heure actuelle, l'injustice consiste aussi en ce qu'un travailleur chinois gagne (encore) dix fois moins qu'un travailleur européen.

21.07.2005

The Comet

Voici un petit souvenir d'une nuit froide, mais belle:

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(cliquer pour agrandir)

 

Et c'est moi qui l'ai faite :D, avec un matos qui vous ferait peur (quelques bouts de bois pris dans une poubelle, des gonds de chez brico-loisirs et une vielle caméra de mon père).

En fait il s'agit de la comète Hale Bopp visible en printemps 1997. (Pellicule = Kodak T-MAX 400, exposition=7min. Monture équatoriale de fortune). 

7min c'est long (surtout si on s'y prend à plusieurs fois) à 1500m d'altitude, dans la nuit, près d'une forêt, d'où des choses vous regardent (tu ne les vois pas, mais tu sais qu'elles sont là).

War of the Worlds - La Guerre des Mondes

Un film un peu violent certes. Mais c'est rafraîchissant de voir pour une fois les États-Unis pris de court et n'ayant aucun moyen de réponse (militaire). Et il y a plein d'allusions de Spielberg sur quelques conceptions typiquement américaines.
C'est quasiment une tragédie grecque. On connaît la fin (du moins si on possède une certaine culture sci-fi), et on voit le protagoniste mis à nu, face à son destin. Chaque acte devient un choix, toujours lourd de conséquences, et aucun choix n'est le bon. Face à la mort, le bien et le mal s'évanouissent. Les dilemmes d'un père sont aussi émouvants qu'ils peuvent l'être.
Un point très fort du film est l'ambiance qui règne tout le long. Le sentiment halluciné, noir et irréel de la guerre.

En revanche, l'intérêt du film n'est pas le déroulement de l'intrigue (qui correspond au genre, et ne fait que suivre la ligne tracée par H.G.Wells dans les années 1890), mais l'attitude des gens face à leurs choix transforme ce film en oeuvre d'art. L'intensité vécue de la condition humaine n'y a d'égal que la brutalité minutée de l'adversaire. Et les acteurs y mettent beaucoup pour nous y faire croire.

A la fin, le deus ex machina...
(pour ceux qui n'auraient pas compris: les coups de feux n'ont aucun effet sur la machine, déjà détruite)

20.07.2005

Xenophanes

Abstraction

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A. L'univers est une unité véridique qui sous-tend.


 

B. Tout ce que je crois savoir n'est qu'opinion et conjecture.


 

C. C'est avec le temps qu'en cherchant nous pouvons espérer trouver le Meilleur.


 

D. Le Meilleur est une plus grande correspondance avec la vérité.

E. Malgré une opinion meilleure, notre ignorance demeure illimitée.

07.07.2005

Haine de l'Islam ?

La haine est bien mauvaise conseillère, et il est bon de savoir qu'elle nous fait commettre des erreurs, presque systématiquement. Et il est aussi bon de rappeler que la haine qui se répand dans les entrailles en voyant certaines images de carnage criminel est la même que ressentent ceux qui voient leurs villages se faire raser par des bulldozers.

Lorsque l'amour a fichu le camps, il reste la raison rationnelle.

Je tente de vivre la tolérance chaque jour, je prêche le fait qu'aucun homme, et surtout pas moi-même puisse revendiquer un quelconque droit de détenir plus de vérité qu'un autre. Toute ma philosophie est basée sur l'écoute de l'autre qui me permet de me remettre en question. Ceci afin de progresser vers la vérité. Voilà pourquoi je respecte, j'aime ceux qui ne pensent pas comme moi. Ils ont une valeur inestimable dans la lutte pour le progrès et la vérité, car bien souvent il s'avère qu'ils ont raison, au moins sur certains points ou permettent un point de vue différent et complémentaire.

Mais que penser de ceux qui haïssent non seulement mes idées, mes le principe même de tolérance qui leur a donné naissance? Comment considérer ceux qui viennent habiter dans la même ville que moi, et qui y violent les lois, souvent de manière très sanglante et qui par la suite ne ressentent pas le moindre remord? Que penser de ceux qui pensent que ma femme (qui travaille dans le social) n'est qu'une chienne occidentale?
Je n'aime pas les amalgames, je déteste généraliser, mais là, rester différencié devient un exercice de méditation réservé aux grands sages qui ne font que cela durant toute leur vie. D'autant plus qu'ils sont tellement nombreux. Le nom m'échappe de celui ou celle qui disait que le pire dans le nazisme n'étaient pas les bourreaux, mais ceux qui les ont cautionnés par leur silence. Quelques terroristes qui sèment la mort, cela ne restera toujours qu'un épiphénomène, quelque chose de marginal sans importance politique. Mais ce qui est inexcusable est le cautionnement de ceux qui restent silencieux.

Un musulman, une fois m'a dit que dans l'islam il n'y avait pas de clergé, et que ce que disait un musulman n'engagait pas son frêre. Pourquoi alors, lorsque des occidentaux sont tués, des hommes, femmes et enfants, humains, personne de foi islamique ne se manifeste pour contredire les assassins, pour dire que ce n'est pas cela l'Islam? Quelques maigres voix ici et là ne font pas le poids à mes yeux. Il faudrait que la mobilisation soit au moins aussi virulente que celle du mouvement (immoral) qui veut imposer le voile à ses filles, là cela ressemblerait à quelque chose.

Sommes nous-en guerre? Si oui, contre qui? Contre une poignée de terroristes qui tuent moins que la bicyclette sur les routes ou contre une idéologie meurtière, intolérante qui attend son heure, qui utilise à ses fins des institutions démocratiques qui ont été créées en ignorant l'existence des assasins d'un type nouveau. Contre les croyants musulmans ou contre une poignée d'imams salafistes ou wahabbites? Contre les frêres Ramadan ou contre tous ceux qui croient leurs discours meurtriers? Contre ceux qui disent agir par la main de Dieu ou contre ceux qui ont un coran dans leur bibliothèque? Contre Saddam Hussein et ses confrères "laïques" ou contre les extrémistes qu'il a aidé a susciter par sa corruption et sa politique repressive (cf. note "démocratisation du monde islamique")?

Les fronts ne sont pas clairs. Sauf pour les américains qui ont choisi de frapper avant de demander qui était la victime. Temps pour les Européens de sortir la tête du sable, de rejoindre son camp auprès des Etats-Unis (tout en tentant d'inculquer un peu de raison à leurs ébats incohérents), et de ne pas oublier quelques principes:

1. Notre haine fait face à une haine similaire, le premier objectif doit être de mettre d'éventuels intérêts commerciaux en sourdine et de nous comporter en justes.

2. Agir avec détermination, et ne pas tolérer ceux qui ne se contentent pas de vouloir nous convaincre qu'ils ont raison, mais qui veulent éliminer ce en quoi nous croyons (parce qu'ils ont peur d'avoir tort?).

3. Définir des objectifs avant de tirer sur qui que ce soit, et ne pas oublier que la lutte non-violente est souvent beaucoup plus efficace qu'un tapis de bombes.

4. Oublier l'ambiant politiquement correct aveugle et thanatophore.

En respectant cela nous gagnerons la tête haute avec l'aide toute force supérieure qui se préoccuppe quelque peu de justice dans ce bas monde de phénomènes.

21.06.2005

Feill Sheathain

Aujourd'hui les brumes ne cacheront pas l'île des Dames. La lune bercera les vaguelettes accueillantes et ondulantes de sa lumière délicate et généreuse. L'eau étendue au pied du mont de Fenils. Pourtant, cette année non plus, je n'irai pas voir. S'y passe-t-il encore quelque chose? Devrais-je court-circuiter le passage en empruntant le Heidenweg? Et pour quoi faire? Guetter l'arrivée de quelque Artio ou Aventica s'élançant à travers un ciel déchiré, vêtue de splendeur imaginée? Pourtant les questions me tourmentent, comme chaque année. Suis-je le seul à savoir? Quelqu'un d'autre l'a-t-il découvert? Peut-être n'a-t-elle jamais été abandonnée? De quelle vie est-elle habitée?L'île qui a dévoilée l'aveuglement d'un grand.

20.06.2005

Démocratisation du monde islamique

Je viens de lire, quant aux intentions de rapprochement diplomatique entre la Suisse et les Etats-Unis, que ces derniers espèrent surtout une meilleure coopération dans les domaines de la lutte anti-terroriste (on s'en doutait) ainsi que concernant la démocratisation du monde islamique.
[Ha, un sujet pour le blog, me dis-je et commençai à tapoter entre deux dossiers]

On peut se poser des questions quant aux objectifs réels de la guerre d'Iraq et des conséquences qui peuvent en être attendus. On ne peut toutefois pas nier que les E.U. ne manquent pas de panache dans leur politique en Moyen Orient, et qu'ils sont prêt à y encourir des risques. La démocratisation du monde islamique: un pari courageux, téméraire, fou? Une nécessité?
On ne peut certainement pas douter des bénéfices d'une démocratisation du «monde islamique», notamment aussi en ce qui concerne le développement futur de la relation d'Israël avec ses voisins. Il est d'ailleurs utile de noter le fait qu'aucun Etat arabe n'est à l'heure actuelle autre chose qu'une tyrannie autocratique au bénéfice d'un despote plus ou moins éclairé, et généralement assez sombre d'ailleurs. Qui pourrait alors dénier le droit à la société civile de faire respecter, ne serait-ce que modestement, ses opinions et ses intérêts? L'ennui est souvent que la société civile en question est assez réduite du fait que les structures étatiques empêchent l'éclosion de tout embryon de contre-pouvoir, notamment en gardant une main mise décisive sur toute industrie quelque peu importante, généralement en empêchant simplement qu'elle existe. Pas de contre-pouvoir économique au pouvoir politique donc, mais une misère généralisée sponsorisée par l'Etat. Reste les intellectuels et autres voix de la «morale». L'instrument favori contre ceux-ci est l'intimidation, l'interdiction de parole, l'emprisonnement, l'exil... Le malheur est que le forces locales qui veulent une plus grande démocratisation sont des gens peu respectueux des principes démocratiques: islamistes qui cherchent juste un moyen pour s'emparer du pouvoir, un peu comme en Iran avec sa parodie de démocratie. L'espoir réside peut-être dans le fait que la misère grandissante deviendra encore plus dangereuse que la contestation «raisonnée» d'une opposition modérée.

Le défi est donc double: libéraliser les systèmes politiques et encourager l'émergence d'une «classe moyenne» prête à s'engager pour ses intérêts. Ce dernier aspect n'étant possible que par une libéralisation économique qui présuppose la libéralisation politique préalable ainsi qu'un niveau de développement économique minimum. Je conclurai sur l'avis que, même en intimidant l'un ou l'autre régime existant, les «guerres» ne seront pas suffisantes pour éliminer le désespoir.

13.06.2005

Questions parentales

Notre petit trésor grandit à vue d'œil. Généralement l'éducation n'est pas une matière enseignable, mais l'apprentissage de l'improvisation (comment faire pour se faire entendre lorsque la tête est dure et que le caprice menace) est de rigueur. Il y a toutefois quelques règles, notamment le rôle d'une personne de référence (parents, maître, autorité). A mon avis, il est important de laisser l'enfant découvrir le monde et d'y faire ses propres expériences. En même temps, il ne faut pas forcer la «créativité» et le développement d'une «personnalité». Ce sont des choses qui viennent avec le temps, et de toute façon, la personnalité, elle est déjà bien là.

L'expression créatrice n'est utile que si l'on a quelque chose à exprimer. L'apprentissage du mode d'expression est important (l'outil), mais l'objet exprimé ne l'est pas, dans le cas d'un enfant. Cet objet doit préalablement avoir été appréhendé par l'apprentissage - l'œuvre d'une vie. Les dessins d'un enfant ne sont pas de l'art. Actuellement (ou du moins jusqu'à peu de temps), les pédagogues sapent l'éducation des enfants précisément en niant le rôle d'une autorité (parentale, maître d'école, etc.), les enfants deviennent mentalement étanches dès un âge précoce, pensant être constamment dignes des applaudissements de leurs contemporains. Mais, n'étant jamais confronté à la présence de gens qui peuvent catalyser leur cheminement spirituel dans tout domaine, ils ne produisent rien. Il y a rarement quoi que ce soit digne d'intérêt dans l'œuvre de ceux qui demandent le respect à sens unique, sans le retourner, fidèle miroir de l'éducation dont ils ont bénéficié. La mise en scène de ses névroses n'est pas de l'art non plus.

(Ceci n'est pas une critique des blogs, même si tous les bloggeurs pratiquent probablement dans une certaine mesure cette mise en scène de leurs névroses. C'était juste une pensée.)

10.06.2005

Clarification

Suite à plusieurs allusions lues par ci par là, j'ai des doutes quant à la compréhension générale de mes notes et commentaires, et l'intention y étant poursuivie. J'aime les notes de la catégorie "diatribes politiques". Malheureusement, certaines personnes sont incapables de lire sans coller une étiquette. Sachant que l'utilisation du langage présuppose une telle démarche, je tiens à mettre en garde de coller une étiquette trop rapidement.

Je déteste la France ? Bien sûr que non, mais ses choix politiques, parfois, me font mal. Les Français ont tort de penser qu'ils sont le centre du monde ? Evidemment. Mais l'essentiel c'est de poser les bonnes questions et de tenir compte de l'avis des autres afin d'être entendu. La récente victoire du non est une catastrophe ? Je n'ai jamais pris clairement position, tout ce que j'ai dit est que les partisans du non les sont pour des raison auxquelles je ne peux pas souscrire. Un libéral naïf qui pense que les délocalisations vont apporter le bonheur ? Loin de là, les délocalisations sont un problème dans le contexte actuel de croissance morose. Simplement, je constate que la protection d'industries "nationales" moribondes n'a jamais jamais servi a rien. Ceci est visible comme un fil rouge dans toute l'histoire économique. Etc.etc. Si j'avais ouvert mon blog il y a deux ans, cela auraient vraisemblablement été les Etats-Unis qui m'auraient servi de déversoir (j'espère toujours que leur prochaine administration sera plus soucieuse des intérêts à long terme).

Bref, j'aime ce grand pays querelleur qui aime contre-dire (c'est bien de là que je viens), même si je ne sais pas toujours pourquoi.

07.06.2005

Persephonè

Cela fait bien longtemps déjà qu'on se raconte l'histoire de la Déesse.
Un destin débordant de magie et de vérité
Que les conteurs habiles concordent avec ce que notre âme n'ignore point
Ainsi me suis-je apparu moi-même, rêvant, découvrant son histoire
C'était un de ces heureux instants où la légèreté de l'esprit
Permet de voyager à guise à travers paysages féeriques et théatres idéaux
Déambulant les bords d'un champs doré, dans la fraicheur de l'aube moite
Elle m'apparut
Sa gloire resplendissante rayonnait par ses traits bien proportionnés
Puis elle tint à peu près le discours suivant.


Au commecement j'étais nommée Coré
Le nom que me donnèrent les fleurs que j'éclosais
Bercée par leurs couleurs et leurs douces senteurs de nectar floral
Celui-ci plus frais et pur, me parut-il alors, que celui de l'Olympe
Ces bourgeonnements furent ma joie et mon être
Et chaque fleur naquit par mon entier amour divin.

Ma mère, Déméter, me contemplait à mon travail
Y trouvant davantage de joie encore que moi
Car ce fut elle qui m'avait appris en me donnant l'exemple
Comment faire croître champs et près; forêts, marais
Récifs multicolores et pinèdes sereines.

C'était avant que me perdît ma naïve insouciance
Lorsque je vis une fleur, qui n'était pas ma création
Pousser dans une clairière
La curiosité m'arrêta et m'ordonna d'inspecter de plus près
La beauté sombre et inodore de cette plante inconnue
Mes pouvoirs semblèrent sans effet pour altérer la noble fleur
C'est en tentant de la cueillir par ses racines que je fus ravie.

Prise par Pluton, volée à ma mère, à son amour
Volée à l'éternité qu'avait été mon innocence
Mon monde perdu, et me voici entourée par les ténèbres
Submergée par une terre étrange et inconnue
Où la chaleur n'était plus dispensée par l'entourage
Un endroit sans douceur et dépourvu de lumière intrinsèque.

Mon esprit entendit le désespoir de ma mère qui pleurait son enfant
Et dont les chaudes larmes s'abattaient jusqu'au ciel
S'efforçant d'attendrir les cœurs aveugles de l'Olympe
Seuls habilités à redresser les torts.

C'est alors que j'entendis d'autres pleurs, plus sourds
Lamentations de ceux qui m'entouraient ici
Mortels, damnés à souffrir de leur sort, piégés dans un monde sans lumière
A tout ce chagrin j'y ajoutais le mien
Malgré tous les cadeaux d'Hadès, toutes ses offrandes à moi, ses tendres mots
Qui se mêlaient dans mes oreilles aux aboiements des chiens du bas monde
Et qui y montaient la garde.

Je n'étais plus que mon ombre, refusant tout repas et toute boisson
Au bord du Styx je rencontrais les âmes perdues
Ivre d'oubli, et que je tentais de conforter
Lors des rares réminiscences de mes élans d'antan
Seul mes pouvoirs s'étaient taris, tout comme moi-même
Blêmie par les brumes hibernales.

Je découvris alors un arbre qui resplendissait de tous ses fruits
De fraîches grenades rouges, et que ma faim me poussa à manger
Cela me rappelait la vie et l'amour qui les avaient mûris
Et éveilla en moi les forces endormies
Je sentis leur jus rougir mon sang et mes pommettes
Ma peur évanouie, je pus à nouveau répandre mon pouvoir fertile
Et fis germer l'espoir dans le cœur des damnés
Ma force décuplée par la clarté d'une pensée purifiée
Par ce monde austère et glacé
Alors on m'appela Perséphoné, la reine divine de ténèbres.

L'Olympe avait fini par céder aux lamentations de Déméter
La désolation qu'avait été amenée aux champs et prairies délaissés
Et fanés par l'absence de ma mère
Et celle qu'inspirait l'injustice d'un cruel enlèvement poussèrent les Dieux à agir
Jupiter dans son immense sagesse put convaincre Hadès sans peine
À libérer son innocente victime.

Or moi, j'avais goûté le fruit des ténèbres
Et nul qui en eut fait autant n'échappait à leur emprise
J'en étais devenue moi-même une partie intégrante
C'est pour cela que je demeure dans les deux mondes maintenant
Auprès de ma mère que je vais retrouver pendant la moitié de l'année
Avant que le monde souterrain me rappelle pour l'autre moitié
Un monde qui grâce à moi n'est plus aussi obscur
Car je lui rends la vie et la lumière de l'espoir
Et la promesse de la justice et de l'esprit des Dieux
Moi-même j'y puise la force nécessaire
Et la sagesse qui me permet de rejoindre ma mère
Et avec elle rendre la terre fertile en y ajoutant l'esprit
Et à présent tous les mortels voient à travers moi
La beauté des ténèbres et la vie malgré la mort.

C'est sur cela que mon rêve s'acheva
Et me ravit de toute peur.

(entre 1999 et 2000)


03.06.2005

Mémoires d'Empire

Au début, l'empire s'étendit à l'intérieur des murs, puis les murs s'étendirent. Ensuite l'empire s'étendit par la conquête. Les laboureurs, amants de la terre, perdirent la parole. Cela sonna le glas de la République. Le pouvoir continua seul, exerçant son empire sur le monde. Mais la base ne le soutenait plus. Il s'écroula, sous les battements du désespoir. Désespoir intérieur fuyant au ciel, et désespoir extérieur, sacrifiant tout pour une lueur de dorure. L'empire se fragmenta et sombra dans la vie retrouvée.

Puis, la vie créa les lumières. Celles-ci, instituant la peur du noir, mirent la vie à mort. L'empire s'étendit à nouveau, mais sa base ne le tient plus. Son pouvoir avance seul, il n'y a que le précipice. Que la vie pour donner des ailes.

01.06.2005

NON à la France ?

Le peuple a parlé, son verdict est sans appel. Mais qu'a-t-il dit au juste ? En Suisse, lorsque le peuple envoie balader le Gouvernement lors d'un référendum (et c'est courant), le Gouvernement adapte sa politique en conséquence et, quelques années après, revient avec un projet qui tient un peu mieux compte des sensibilités des opposants. Mais il y a deux autres points qui sont absolument essentiels:
1. Le Gouvernement tente toujours et par tous les moyens de trouver un consensus *avant* d'affronter un référendum (et de l'éviter si possible).
2. Le peuple vote très fréquemment, le Gouvernement n'a donc aucun intérêt à s'éloigner des sensibilités populaires. En contrepartie le peuple fait confiance au Gouvernement (en général).
 
C'est de ce deuxième point, à mon avis, qu'il y a une leçon à tirer de la "claque" du 29 Mai:
l'arrogance des dirigeants français (presque unique au monde) n'a plus d'avenir. La méfiance mutuelle est à son comble.

La distance astronomique qui sépare les énarques du citoyen intéressé à la politique est insoutenable. Ce n'est pas simplement le Gouvernement (Raffarin/Villepin) qui doit changer, mais le mode de Gouvernement. Concrètement, je suggère un système électoral plus proportionnel, plus compétitif où des gens d'horizons différents peuvent s'affronter lors des élections, et pourquoi pas, un élargissement des droits démocratiques. En plus, une décentralisation plus prononcée pourrait aider à réduire davantage le vide béant entre dirigeants et citoyens, en ramenant des problèmes locaux dans l'espace public.

 
Les arguments des opposants au traité constitutionnel étaient (dans leur écrasante majorité) complètement bidon, et témoignent (au mieux) d'une ignorance complète des réalités politiques et économiques. Par contre, là où les opposants ont raison, c'est leur malaise profond face à un pouvoir qu'ils ne peuvent pas influencer. Et cela témoigne aussi du manque de communication entre la population et son élite auto-proclamée.
 

La France à besoin de plus de démocratie, et (par conséquent) de plus de libéralisme. Ne soyez pas choqués, je vous en prie, que je défende bec et ongle le "libéralisme". En France le libéralisme a une position très difficile puisque ses plus grands ennemis sont avant tout au sommet de l'Etat (à gauche comme à droite). Je suis persuadé que les Français ont une idée très fausse de ce concept, parce qu'ils l'identifient à la politique gouvernementale actuelle. Mais celle-ci n'est pas libérale. Le libéralisme c'est avant tout le respect de l'individu, donc du citoyen en tant qu'acteur politique. Le libéralisme ce n'est pas nécessairement le démantèlement social. Au contraire, un système politique libéral permet une redistribution sociale plus efficace, grâce notamment à une économie de marché (la liberté d'entreprendre) qui favorise la création des richesses.

(En attendant, n'attendez pas de complaisance de la part des autres Européens)

25.05.2005

L'empire des 1000 ans

We're all living in Amerika, Amerika, wie wunderbar.

Musik kommt aus dem Weissen Haus,

Und vor Paris steht Mickey Mouse.

... aux armes camarades, virez les gros bourgeois qui ont tout l'argent et donc aucun problème dans leur vie, les belles voitures et toutes les femmes à leurs pieds, le Medef, dont le but ultime est de transformer tous les travailleurs en chômeurs, les politiciens (surtout de droite) qui empêchent l'avènement du Roi Arthur qui nous débarassera du mal. Punissez vos patrons de faire des bénéfices, et toutes les entreprises qui offrent des biens et services non publics. Fermez les frontières et les marchés afin que les pays (encore) pauvres cessent de produire pour l'exportation, et jettez dans les cachots tous les concitoyens qui achètent les produits anti-sociaux et polluants du supermarché d'à côté.

Et profitez de la vue qu'offrira la Festung Europa.

20.05.2005

Anarchie ultra-libérale

Est-ce possible de se remettre de l'ignorance idéaliste? Quelle est la différence entre un anarchiste et un ultra-libéral ? Réponse: aucune. Les deux prônent l'abolition pure et simple de l'État. Dans les deux cas, enfin dans ce même cas, la notion de propriété privée deviendrait un concept très différent de celui que nous connaissons actuellement. Une pareille société serait forcément axée autour d'un ensemble de communautés très solidaires. Les deux courants de pensée se fondent sur des valeurs identiques de liberté, de respect d'autrui et d'humanisme.

Je ne suis pas un anarchiste, alors je ne peux pas être un ultra-libéral, n'est-ce pas (?), même si tout cela me fait quand même un peu rêver. L'absence d'État deviendrait rapidement un État féodal, mafieux, un peu comme en Russie actuellement, opposé aux valeurs des lumières. Cela, je ne le veux pas, quitte à abandonner le rêve, je préfère alors un État un peu bureaucratique, à condition que son pouvoir soit limité et qu'il soit organisé de façon démocratique, au service de tous les citoyens.

Cette note, comme tout le reste qui se dégage de mes circuits, a été écrit dans l'esprit de la maïeutique herméneutique. Où, si vous préférez, la naissance douloureuse de la vérité, assistée par une insupportable «sage-femme» qui vous prend la tête avec toutes ces idées.

17.05.2005

La Révolution Française en Amérique

J'ai lu quelque part que les éclairages du siècle des lumières furent transmis au monde politique et réel à partir de la Révolution Française. Et que ces valeurs se trouvent aujourd'hui mis en danger par l'"ultra"-libéralisme à la sauce anglo-saxonne.

Je soutiens que la Révolution Française n'était qu'une grande boucherie (lisez un livre d'histoire) et qu'il fallut un despote autarcique (Bonaparte) pour y mettre fin. Pour la plupart des peuples européens, les guerres napoléoniennes furent une calamité (là où je suis né, la réputation des Français y souffre encore à cause de l'occupation par les troupes de l'"Empire"). En revanche, pour la France, Napoléon fut un bienfait, car il mit fin à une décennie de terreur et de destruction.

Les valeurs de la "Révolution Française", ne l'oublions pas, ont en grande partie été élaborées par des Français, mais elles ont été mis en oeuvre par la Révolution *Américaine*. Lisez Voltaire, et particulièrement les "lettres philosophiques" si vous en doutez.

En outre, l'assimilation des "anglo-saxons" (c'est qui au juste?, ça comprend les irlandais et les polonais ?) et avec les "ultra-libéraux" (vous en connaissez?) semble pour le moins réductrice, et témoigne d'une ignorance complète du développement social et culturel de la civilisation occidentale des 200 dernières années. Le nombrilisme de la France ne semble pas encore mort, alors que depuis 1789 les grandes idées semblent avoir été contraintes d'émigrer pour continuer à répandre les lumières de leurs grands et oubliés pères spirituels galliques.

13.05.2005

Respect yourself - et respecte autrui

Il n'existe aucun moyen humain de justifier la suprématie d'une sagesse ou d'un enseignement ou de la validité d'un texte sur d'autres. On ne peut ensuite juger différentes alternatives qu'avec sa propre raison, expérience ou intuition. Et les jugements semblent différer sensiblement d'une personne à une autre. Il faut alors s'en remettre à nous-mêmes. Il est possible de se faire aider, mais le chemin doit être emprunté par chacun de nous, pas par pas. Chacun son chemin, souvent semblable mais jamais tout à fait le même. En passant,  il est préférable d'abandonner toute idée préconçue et tout ce que d'autres ont pu vouloir nous faire croire jusqu'ici - peu importe que cela fût fait de bon ou de mauvais escient. Prendre constamment du recul afin de se lancer avec plus de conviction.


L'expérience d'autrui est d'une grande valeur, savoir quelles questions peuvent être posées et quelles réponses peuvent y être données. Mais à la fin, nous devons juger, décider et agir individuellement. Chacun arrive à ses conclusions, plus où moins différentes, car chacun voit autre chose, en fonction de son expérience, de sa mémoire, de son "point de vue" dans lequel chacun se découvre lui-même. Il est toutefois étonnant aussi de voir à quel point des ressemblances apparaissent dans les pensées et les comportements.


Par conséquent, l'opinion véridique de chacun doit être respecté. Non pas tolérée, comme le serait une erreur dont on espère qu'elle soit réparée tôt ou tard, mais bien respectée comme une sagesse originale véritable et honnête.


Ceci ne doit pas forcément exclure l'expérience commune, le partage des idées. Cependant, chacun a reçu ses propres yeux, et ses propres oreilles, et ceux qui ne font que répéter les idées des autres ne peuvent pas les comprendre s'il n'ont pas  fait eux-mêmes le même cheminement. Leur parole, si elle n'est pas soutenue par l'expérience, sera dénuée de sens et vaine.


Bref, respectons nous  les uns les autres, et commençons par nous respecter nous-mêmes, alors nous serons dignes d'être pris au sérieux par les autres. Bon, où voulais-je en venir ? Je ne me souviens plus très bien, enfin j'espère que vous saisissez l'idée.

03.05.2005

Une Constitution pour l'Europe ?

A Paris,il y a quelques semaines, dans la rue, on me remit un exemplaire de la fameuse nouvelle Constitution. A premier abord, le projet paraît grandiose: Une loi fondamentale qui garantirait la liberté des Européens à l'intérieur de leur continent (ou d'une bonne partie) définissant droits et obligations de tous les citoyens. Enfin, c'est à cela que devrait servir une Constitution je présume.
En y regardant de plus près, je ne peux m'empêcher de penser qu'il s'agit là une fois de plus d'une de ces constructions monstrueusement bureauratiques, fruit d'un compromis tellement large qu'il vide le projet de son contenu. A force d'y vouloir inclure toutes les sensibilités (lisez: tous les intérêts particuliers), personne ne s'y retrouve. A titre d'exemple je citerai le préambule:
 
I.I. Art. I-1 lit. 1:
Inspirée par la volonté des citoyens et des Etats d'Europe de bâtir leur avenir commun, la présente Constitution établit l'Union européenne, à laquelle les Etats membres attribuent des compétences pour atteindre leurs objectifs communs. L'Union coordonne les politiques des Etats membres visant à atteindre ces objectifs et exerce sur le mode communautaire les compétences qu'il lui attribuent.
 
Quelles compétences ? Avec quels moyens ? Clair, non? Le reste en tout cas est plutôt plus lourdeau, sans quitter le domaine du parler pour ne rien dire, sauf pour se perdre dans des byzantineries qui demandent au moins un DES en études européennes pour y comprendre quoi que ce soit. A titre de comparaison, voici le début de la Constitution de la Suisse (un pays démocratique, soucieux de la liberté de ses citoyens):
 
Art. 1 (Préambule):
Au nom de Dieu Tout-Puissant! Le peuple et les cantons suisses, Conscients de leur responsabilité envers la Création, Résolus à renouveler leur alliance pour renforcer la liberté, la démocratie, l’indépendance et la paix dans un esprit de solidarité et d’ouverture au monde, Déterminés à vivre ensemble leurs diversités dans le respect de l’autre et l’équité, Conscients des acquis communs et de leur devoir d’assumer leurs responsabilités envers les générations futures, Sachant que seul est libre qui use de sa liberté et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres, Arrêtent la Constitution1 que voici:
 
Ces assez vague, je veux bien l'admettre, mais le ton me paraît très différent. Le reste du texte définit clairement la place de l'individu responsable à l'intérieur de la société, ainsi que les rôles et compétences des institutions publiques du pays. Le dieu tout-puissant, on aime ou on n'aime pas, pour ma part je valorise fortement une telle référence qui à le mérite de placer l'auteur de la Constitution dans un contexte, le rendant plus humble face à sa tâche dont l'importance ne saurait être sous-estimée.
 
Si ce n'est pas encore clair, voici le préambule de la Constitution des Etats-Unis:
We the People of the United States, in Order to form a more perfect Union, establish Justice, insure domestic Tranquility, provide for the common defence, promote the general Welfare, and secure the Blessings of Liberty to ourselves and our Posterity, do ordain and establish this Constitution for the United States of America.
 
En résumé, je ne veux pas donner de parole pour le vote (à la fin c'est l'application qui compte), mais c'est en tout cas pas avec le coeur que je voterais pour la Constitution Européenne, et je regrette un peu moins que mon pays de résidence décide systématiquement de rester à l'écart de l'Idée européenne – qui prend trop souvent des allures de hydre.